En coulisse avec Mike Leitner
Lundi, 21 avril 2008
En arrivant dans la catégorie 250cc en 2004, le Champion du Monde 125cc Dani Pedrosa a rencontré Mike Leitner, avec qui il continue de travailler aujourd´hui.

L´ex-pilote 125cc autrichien Mike Leitner est devenu l´une des personnes les plus importantes de la carrière de Dani Pedrosa, ayant été son chef mécanicien ces cinq dernières années.
Leitner possède une expérience du terrain importante puisqu´il a aussi été mécanicien pour des pilotes tels que Jeremy McWilliasm, Ralf Waldman et Stepfano Perugini - et depuis son arrivée dans le team de Pedrosa il a vu la jeune star catalane remporter deux titre de Champion du Monde 250cc et finir vice-Champion du Monde dans la catégorie MotoGP l´an passé.
Pedrosa menant actuellement le Championnat du Monde MotoGP, à égalité avec son compatriote Jorge Lorenzo, l´objectif de Leitner pour 2008 est d´aider son pilote à se maintenir au sommet…
Q. En tant que chef mécanicien pour Pedrosa, quelles sont précisément vos fonctions au sein du team Repsol Honda?
A. `Ma tâche principale est de superviser toutes les décisions qui sont prises concernant la moto, qu´il s´agisse du moteur, de la boîte de vitesses, des suspensions ou des pneus etc… C´est moi qui ai le dernier mot. Nous sommes un grand team, avec beaucoup de spécialistes, tout le monde travaille très dur mais au final, quand quelqu´un doit prendre une décision sur la marche à suivre, c´est à moi que ça revient. C´est une énorme responsabilité, et il y a donc beaucoup de pression.´
Q. Comment définiriez-vous Pedrosa?
A. `C´est la cinquième année que je travaille avec lui et je peux vous dire que c´est un pilote très spécial. Quand on gagne un Championnat du Monde 125cc, puis deux dans la catégorie 250cc, qu´on gagne des courses dans la catégorie MotoGP dès la première saison en la terminant vice-Champion du Monde MotoGP, il n´y a aucun doute qu´on est un excellent pilote, au dessus du lot.´
Q. Est-il facile de travailler avec lui?
A. `Comme je l´ai déjà dit, c´est quelqu´un de spécial, mais c´est facile de travailler avec lui. Il ne se prend pas pour une star ou une prima donna. C´est quelqu´un de tranquille, qui a les pieds sur terre. Je pense qu´Alberto Puig l´a beaucoup aidé dans ce sens. Il a été bien encadré pour gérer sa vie de pilote. Il connaît très bien les aspects positifs et négatifs de la course moto, et il est toujours resté sérieux dans son travail.´
Q. Qu´elle est la partie la plus difficile de votre travail?
A. `Il n´y a rien de particulièrement difficile. Nous essayons de toujours faire de notre mieux, pour obtenir les meilleurs résultats possibles. La motivation est la même depuis les premiers essais hivernaux jusqu´à la toute dernière course. Ca demande beaucoup d´énergie, mais quand on a un pilote comme Dani, qui donne tant de choses en retour, c´est extrêmement motivant pour tous les membres du team.´
Q. Quel est votre meilleur souvenir depuis que vous avez commencé à travailler avec Dani Pedrosa?
A. `C´est difficile d´en choisir un tellement on a vécu de bons moments. Parfois quand il y a des choses qui ne vont pas bien, il me surprend dans sa capacité à faire face aux difficultés. En même temps, quand nous réussissons, il me surprend aussi parce qu´il reste toujours très calme. Il y a eu beaucoup de moments spéciaux pour nous, comme la dernière victoire à Jerez lors de la deuxième course de l´année si l´on repense à tous les problèmes que nous avions eus durant les essais hivernaux.´
Q. Et votre plus mauvais souvenir?
A. `Les plus mauvais souvenirs sont sans aucun doute quand un pilote tombe et qu´il se blesse. Ca nous est arrivé quelques fois par le passé, et dans n´importe quel team, pour n´importe quel mécanicien, c´est un moment très dur.´
Q. Quand est-ce que la tension atteint son somment pendant un week-end de Grand Prix?
A. `Il peut y avoir beaucoup de moments stressants, quand on teste quelque chose d´important et qu´on espère que ça va marcher, où même avant les séances d´essais, le jeudi lorsqu´on décide quels pneus utiliser pour le Grand Prix. Et puis, comme dans toute les compétitions, le moment le plus dur se trouve juste avant le départ de la course.´
Q. Un chef mécanicien doit-il être psychologue lorsqu´il travaille avec son pilote?
A. `Absolument. Dans notre cas, Alberto Puig s´occupe de ce genre de choses, et je me concentre davantage sur les aspects techniques. Mais après toutes ces années, nous sommes devenus proches de Dani et il me fait beaucoup plus confiance qu´au début ; d´un autre côté je le comprends beaucoup mieux et j´ai appris à savoir à quels moments lui parler, le calmer ou le motiver. Je pense que nous avons une très bonne relation maintenant. On se rapproche avec le temps.´
Combien d´heures passez-vous sur le circuit lors d´un week-end de course?
A. `Beaucoup! J´ai arrêté de compter, ce travail demande beaucoup d´énergie de la part de chacun. Tous les mécaniciens travaillent dur, nous faisons un travail de fou et il y a beaucoup de pression. On est toujours sous pression, si bien que lorsqu'on est sur la piste, le temps s´écoule sans qu´on s´en aperçoive.´
Q. Une dernière question. Pourriez-vous nous décrire le jour de course d´un chef mécanicien?
A. `Ca comme à 7h précise à l´hôtel, nous allons au circuit, préparons la moto pour le warm-up, qui commence à 9h40. Les réglages sont déjà effectués la veille au soir. Ensuite nous avons le warm-up, qui nous permet d´obtenir quelques dernières données puis nous préparons la moto pour la course, en faisant de petites modifications si nécessaires, comme par exemple pour les pneus.´
`Nous vérifions les conditions météo, le vent et tout ce qui pourrait avoir un impact sur les performances de la moto. Tous les réglages sont décidés l´après-midi précédant, et nous essayons toujours de ne pas faire trop de changements de dernière minute. Une fois la course lancée, le dimanche est normalement le jour le plus facile pour un chef mécanicien, puisque tout le travail a été effectué, les jours les plus stressants étant le vendredi et le samedi. Dimanche, si tout fonctionne comme prévu, c´est notre jour le plus facile. Par contre, c´est le jour le plus difficile pour le pilote.´
Communiqué de presse Repsol Honda.

