Aoyama : “Je suis content que nous allions tous au Japon”

mercredi, 28 septembre 2011

Le Japonais discute du Grand Prix du Japon, qui a lieu ce week-end à Motegi, dans cette interview spéciale.

Initialement prévue pour la fin du mois d'avril puis reporté suite au tremblement de terre et au tsunami qui avaient frappé le Japon au mois de mars, l'épreuve du Motegi a finalement lieu ce week-end, le 2 octobre, et sera donc la quinzième manche du Championnat du Monde MotoGP 2011.

Seul Japonais dans la catégorie reine, Hiroshi Aoyama a discuté de la situation avec Honda Motor Sports avant la manche d'Aragón et est notamment revenu sur l'impact de la catastrophe sur sa vie personnelle ainsi que sur sa progression cette saison…

Où étais-tu lors du tremblement de terre ?
J'étais à l'aéroport, prêt à partir au Qatar pour le Grand Prix. J'ai vu ça à la télévision. Je croyais que c'était un film. Je n'arrivais pas à croire ce qui se passait. J'ai réalisé ce qui était en train de se passer et j'ai essayé d'appeler ma famille mais je n'ai pas réussi. Nous habitons à Chiba, à plus de 200 km de Fukushima, mais il y a quand même eu une explosion dans un complexe pétrolier à côté de chez nous. Ma famille n'a rien eu, mes amis allaient bien mais j'étais un peu troublé, alors que je devais me concentrer pour la course. Je me suis dit que je n'allais pas courir parce que je ne me sentais pas bien mais réfléchissant bien, courir était le meilleur moyen d'envoyer un message positif au Japon. Je ne suis pas un sauveteur, je suis un pilote et j'ai donc décidé de courir. C'était tout de même dur parce que beaucoup de gens souffraient, perdaient leurs maisons, leurs familles, et c'était très dur moralement."

Quand tu étais au Qatar, comment suivais-tu l'actualité du Japon ?
"J’essayais de regarder la télé mais il y avait beaucoup d’informations et il était dur de savoir lesquelles étaient les plus récentes. Je suivais aussi ça sur internet, c’est là que j’obtenais le plus d'informations. Le téléphone ne fonctionnait plus parce qu’il n’y avait plus d’électricité, mais internet marchait quand même et je pouvais donc contacter mes amis et ma famille. Je pouvais me tenir au courant de ce qui se passait réellement dans ma ville. Ils ont beaucoup montré la centrale nucléaire, mais pas grand-chose de ma ville."

Comment est ta ville maintenant ?
“Nous n’avons pas subi beaucoup de dégâts mais ma famille n’avait ni eau ni nourriture pendant les deux premières semaines. Pas de carburant, rien. Je crois que ces deux semaines ont été très difficiles pour ma famille. Je suis allé au Japon, j’y suis retourné il y a un mois et j’ai pu voir que tout allait bien maintenant. Ils ont retrouvé l’électricité, l’eau, ils ont de la nourriture, du carburant. J’étais très heureux de voir que tout était normal, mais le nord du Japon est toujours dans un état désastreux. J’ai vu des photos avec des voitures renversées, des maisons détruites. A certains endroits, on ne voit rien, pas de maison, rien. Le tsunami a tout emporté, j’ai pu voir à quel point ça avait été puissant. Je crois que je ne suis pas le seul parmi les pilotes japonais à avoir eu du mal à me concentrer sur la course. Ce n’était pas facile. Même maintenant, quand j’y repense, cela reste très dur.”

D'après toi, combien de temps faudra-t-il au Japon pour se remettre de cette catastrophe ?
“Plusieurs années, peut-être dix. Je ne sais pas, mais ce sera sûrement très long. Même si l’on parvient à reconstruire les maisons et les routes, les gens auront toujours le cœur brisé, c’est le plus difficile. Nous avons eu de la chance parce que de nombreux pays ont apporté leur aide en fournissant de nombreuses choses, de l’argent. Notre pays a eu beaucoup de chance et j’aimerais remercier tous ceux qui ont soutenu les Japonais. Ce que je peux faire à présent, c’est essayer de continuer à courir et faire de mon mieux en course, montrer de belles choses et apporter du bonheur à ceux qui continuent de souffrir. Pour cette raison, je souhaite dire à tout le monde : “Allons au Japon pour le Grand Prix MotoGP”. Nous avons fait des contrôles, un organisme indépendant a analysé la situation au Japon et ils ont dit que l'on pouvait y aller. La course a été maintenue et j’en suis heureux. Certains doutent ou réfléchissent encore, je les comprends parfaitement, mais je serais très heureux qu’ils aillent au Japon pour la course.”

Au Mugello, tous les pilotes, sauf toi, ont signé un document pour obtenir plus d'information….
“C'est vrai. Je ne l’ai pas signé parce que je sais que tout va bien et que l’on peut y aller. Le gouvernement japonais a aussi confirmé que tout allait bien, puis ceux d’Italie, d’Espagne, des Etats-Unis ont tous dit que l’on pouvait voyager au Japon. Cela signifie que tout va bien. J’ai confiance, voilà pourquoi je n’ai pas signé ce document. La situation est difficile pour les Européens, mais pour moi c’est complètement différent. Je suis Japonais, j’ai une maison là-bas et je rentre chez moi, même en cas de catastrophe. Si j’étais dans l’autre situation, il est certain que je réfléchirais, mais j’essaie de croire à ces informations. Je suis certain que l’on peut y aller et que l'on peut apporter un peu de bonheur à nos fans. C’est le plus important.”

A Indianapolis, certains pilotes ont affirmé qu'ils n'avaient toujours pas pris de décision et qu'ils attendraient Misano. Qu'en penses-tu ?
“C’est difficile, c’est une situation dans laquelle on ne peut forcer personne. Cela dépend du point de vue de chacun. Si vous croyez à ces informations, vous n’avez pas besoin d’avoir peur. Si vous n’y croyez pas, alors il est certain que vous avez des inquiétudes. En réalité, la vie continue au Japon, ce qui signifie que le minimum est assuré pour que l’on puisse y aller. J'ai envie de dire : 'S’il vous plait, croyez-y et allons au Japon pour notre course'.”

Du côté compétition, quels ont été les plus grands changements pour toi cette année ?
“J'ai changé d’équipe, pour un team beaucoup plus expérimenté. La moto s’est un peu améliorée et je peux la piloter un peu plus facilement. A Assen, j’ai également eu l'opportunité de courir avec le team Repsol. J’ai malheureusement chuté et je me suis fracturé une autre vertèbre dorsale. Après ça, il m'a été difficile de piloter normalement. J’ai essayé de continuer mais c’était vraiment très difficile. Je me sens beaucoup mieux à présent et je peux attaquer un peu plus fort, ce dont je suis très heureux. Il reste cinq courses à disputer et je vais essayer de montrer de quoi je suis capable.”

Combien de temps a-t-il fallu pour que tu récupères à 100% ?
“En fait je ne suis pas encore à 100%, plutôt à 80%. C'est une blessure très compliquée.”

Comment est-ce qu'elle affecte ton pilotage sur la moto ?
“Je suis bloqué. Je ne peux pas bouger comme je le voudrais, c’est dur. Depuis Brno, je me sens un peu mieux sur la moto. C’est très important car cela me permet de mieux attaquer. Pour cette deuxième année en MotoGP, j’ai eu l'impression que les choses venaient plus facilement. J’ai changé de team et les réglages de la moto sont donc différents, mais tout vient un peu plus facilement et je peux aller un peu plus vite.”

Est-ce que tu penses piloter une RC212V 1000cc l'an prochain ?
"Je n'ai pas encore confirmé quoi que ce soit pour l'an prochain mais je serais très heureux d'essayer la 1000cc. Avant ça je dois d'abord améliorer mon classement."

Quelle est la course que tu attends le plus ?
“Le Motegi, évidemment (rires). Et j'ai encore une course avant celle du Motegi, alors je vais en profiter pour trouver un bon feeling, un bon rythme et arriver au Japon bien motivé et en pleine forme."

Interview réalisée par Honda Motor Sports

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