Dans les coulisses des Grands Prix avec Axel Raynal

jeudi, 20 décembre 2012

motogp.com vous propose cette semaine de découvrir plusieurs personnalités françaises du paddock MotoGP™, leurs activités et ce qu'ils pensent de la vie sur les Grands Prix.

Axel Raynal - Né le 7 février 1970, à Brive

Ancien pilote Promosport et Endurance

Professeur de technologie au collège et webmaster pour Tech3

www.teamtech3.fr

 

A quel âge et comment est-ce que tu as découvert la moto ?

"Je devais avoir six ou sept ans et j'avais pour le livre de chevet celui du Salon Moto de 76 ou de 77. Je regardais les motos de l'époque et je rêvais d'en avoir une plus tard. La moto est donc quelque chose qui me faisait déjà envie quand j'étais tout petit."

Et quand est-ce que tu assistes à ton premier Grand Prix ?

"Relativement tard parce qu'il a fallu que je puisse me déplacer puisqu'il n'y a rien à proximité de la Corrèze. J'ai commencé à faire de la moto à treize ou quatorze ans, sur la motocross de mon frère, qui est mon aîné de quatre ans et qui était donc le premier à avoir une mobylette, que j'avais récupérée pour commencer quand j'avais douze ans, puis une motocross, une 80cc."

"Une fois que j'ai eu seize ans, j'ai eu le permis et une 80cc, puis une 125cc de route à dix-sept ans, parce que je préférais la route. Et à dix-huit ans, j'ai eu une 500 RDLC (Yamaha), ce qui était une grosse cylindrée à l'époque, et je suivais les Grands Prix par tous les moyens qu'il y avait, Moto Revue, Moto Journal et le peu d'émissions télé qui y étaient consacrées. Et c'est à dix-huit ans, en 1988, une fois que je pouvais me déplacer de moi-même, que je vais sur un Grand Prix pour la première fois, au Castellet, pour une magnifique bataille avec Christian Sarron, Wayne Rainey, Kevin Schwantz et Wayne Gardner."

Et tu as aussi fait de la compétition…

"J'avais décidé de courir à partir de cette époque, en 1988. Je me préparais à faire le Promosport 250cc en 1989 mais j'ai eu un petit incident sur la route pendant le rodage de ma moto de course et ça m'a un peu retardé, si bien que j'ai finalement commencé le Promosport en 1990. Ça a duré trois ans, j'ai eu plusieurs quatrièmes places, la plus mauvaise place qui soit ! Quelques déboires aussi, quelques chutes puis un problème de budget comme je me débrouillais tout seul et que mes parents ne me soutenaient ni financièrement ni moralement. J'ai passé quelques saisons extraordinaires par manque de budget, puis j'ai fait une saison en 125cc en 1993, avant de m'arrêter parce que je ne pouvais plus combiner la moto et le travail. J'ai donc mis la compétition en pause, même si je restais évidemment passionné et addict des Grands Prix."

"Je faisais mes études à l'époque où je courais et je suis devenu prof en 1993. C'était compliqué d'allier la compétition et ma profession mais j'avais toujours une moto et je faisais des sorties sur circuit de temps en temps. J'ai repris la compétition plus tard, en 2005, dans le Championnat de France d'Endurance, avec plus ou moins de réussite, quelques belles places mais aussi de grosses chutés, hélas. Entre autre en 2007, quand je préparais les 24 Heures du Mans, puisque j'avais malgré tout un niveau encore convenable."

Quand est-ce que tu entres en contact et commences à travailler pour Tech3 ?

"Au début des années 2000. J'étais dans un milieu très informatisé puisque mon père vendait des ordinateurs et que mon frère était programmeur, je suivais tout ça au moment de l'arrivée d'internet et je me suis intéressé à la création de sites web. J'ai commencé à faire des sites au début des années 2000, plus par passion et par envie de bidouiller que dans l'intention d'en faire un métier, puis avec un ami, qui avait grandit sur les GP puisque son père était photographe de Grand Prix, on a créé un site sur le MotoGP, www.forum-motogp.com."

"On a monté ce site et on publiait des photomontages d'un jeune designer, Jérôme Vannesson, qui est maintenant le designer de Tech3. On publiait ses propres designs de MotoGP et de fil en aiguille, j'ai fini par lui faire son site web. Un journaliste a plus tard montré ça à Hervé (Poncharal), en lui disant que ça pouvait être intéressant pour Tech3. C'était en 2005-2006, l'époque Dunlop, avec la moto jaune. Jérôme avait fait des designs Dunlop, mais bien plus jolis que la Dunlop qui roulait en MotoGP. Hervé nous a contactés et nous a demandé si ça nous intéressait de faire le site de Tech3. On a forcément tout de suite dit oui ! C'était fin 2006 et on a donc commencé à travailler pour Tech3 à partir de 2007, moi pour le site web et Jérôme pour le design."

Et tu as donc commencé à voyager sur les Grands Prix avec Tech3…

"Alors au début on venait juste sur quelques Grands Prix mais aujourd'hui je suis présent sur toute l'Europe et je gère plus de choses, le site MotoGP et celui du Moto2. Jérôme s'occupe de tout le design de Tech3, que ce soit l'hospitality, les motos, les vêtements, les posters… Et moi je gère le site web, notre page Facebook ainsi que toutes les galeries photos de Tech3. On fait partie de l'équipe communication, avec Milena, qui est notre attachée de presse, et moi je m'occupe de toute la partie numérique."

Tu es donc webmaster pour Tech3 mais tu es aussi professeur au collège. Comment est-ce que tu fais pour combiner les deux ?

"Et bien j'ai parfois des semaines assez chargées. Notamment en mai et juin, puisqu'il y a le brevet des collèges, les conseils de classe et les orientations pour les élèves de 3ème, et qu'à côté il y a beaucoup de courses, dont celle d'Assen, qui est le samedi et qui décale tout. Je ne passe pas beaucoup de temps à la maison mais c'est un plaisir d'arriver à vivre les deux."

Surtout pour quelqu'un qui était passionné depuis tout petit. Ça a dû être un moment spécial quand tu as commencé à travailler dans le paddock.

"Oui, c'était un rêve de gosse, ça fait six saisons maintenant et je ne m'en lasse pas. Je suis professeur de technologie et avant ça, j'avais fait des études de conception mécanique. C'est donc un milieu qui me passionne vraiment, que ce soit au niveau technique, informatique, électronique… C'est fascinant de voir le montage et le démontage des MotoGP et c'est une chance d'allier mon boulot et mes passions."

"Avec Jérôme, on a commencé à travailler pour Tech3 en 2007 et à aller sur quelques Grands Prix avec des Pass pour chaque week-end puis en 2008, on a eu nos Pass MotoGP Permanents, avec nos têtes dessus, nos noms à côté de Yamaha Tech3. Le jour où on les a reçus, on s'est regardés et on s'est dit : 'Ça y est ! On bosse dans le paddock des Grands prix !' C'était une sorte de réussite, un accomplissement, un objectif atteint."

Pour toi qui suis les Grands Prix depuis longtemps, qu'est-ce qui t'a le plus marqué au cours de ces dix dernières années ?

"Ce doit être la défaite de Rossi sur Ducati. Je suis les Grands Prix depuis des dizaines d'années, j'ai toujours eu des pilotes préférés et je me souviens des débuts de Valentino Rossi. J'adorais regarder ses courses et à l'époque j'espérais qu'il fasse quelque chose de bien. C'est devenu l'un des plus grands pilotes et cette défaite chez Ducati a vraiment été marquante, mais je suis plein d'espoir pour l'année prochaine et pour son retour chez Yamaha."

"Après j'ai eu d'autres époques, avec Lawson ou encore Schwantz, dont je suis fan, nostalgique, et que j'ai en photo sur mon bureau. C'est une photo prise sur la grille de départ en 1988, quand j'étais allé voir mon premier Grand Prix ! J'ai aussi suivi Tom Lüthi quand il était en 125cc et qu'il a eu le titre, mais je respecte en général tous les pilotes. Je regrette d'ailleurs le départ de Stoner, qui est pour moi, le meilleur pilote du monde, quelqu'un qui attaque tout le temps et qui a une maîtrise impressionnante. Je n'aime pas forcément le personnage mais c'est quelqu'un qui a marqué son époque et dont on se souviendra, comme on se souvient de Gardner, Schwantz et tous ceux qui nous ont laissé de beaux souvenirs."

Et du côté des Français, quel est le pilote qui a le plus marqué l'année pour toi ?

"C'est Louis (Rossi), qui a fait une belle saison, qui n'a pas toujours eu de réussite mais qui a fait de très jolies choses et qu'on a suivi encore plus sur le dernier tiers de la saison, quand on a su qu'il allait venir chez nous pour l'année prochaine. En plus c'est un gars très sympa, un très bon communiquant et quelqu'un qui a le coeur sur la main. Après, il y a un peu une communauté française dans le paddock, on discute avec tous les pilotes et on soutient tous les pilotes français, même s'ils ne sont pas de l'équipe. Louis a eu de beaux moments cette année, il a parfois manqué de chance, de lucidité ou de niveau, mais il s'est quand même révélé en étant toujours aux avant-postes et c'est de bon augure pour la suite !"

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