Louis Rossi : "Une saison décisive pour la suite de ma carrière"

mercredi, 28 novembre 2012

Louis Rossi fait le bilan de sa saison 2012, au cours de laquelle il a confirmé sa capacité à courir aux avant-postes mais a aussi remporté sa première victoire, au Mans, ainsi qu'un guidon chez Tech3 Racing pour faire ses débuts en Moto2™ l'an prochain.

Après s'être fait remarquer plusieurs fois à la fin de la saison 2011, avec deux apparitions dans le Top 10 et une première qualification en première ligne, à Valence, lors de la dernière manche, Louis Rossi rejoignait au début de cette année le Racing Team Germany pour sa quatrième saison en Grand Prix, dans la nouvelle catégorie Moto3™ 250cc 4-temps, qui remplaçait les 125cc. 

Dans une équipe habituée à jouer les premières places, le Manceau se montre très vite compétitif, dès les essais de pré-saison, et justifie immédiatement ses ambitions de Top 10 en se qualifiant en première ligne puis en terminant neuvième de la première course, au Qatar. Malgré les deux abandons qui suivent, Rossi brille ensuite sous la pluie au GP de France et remporte donc la première victoire de sa carrière chez lui, au Mans, avant de se battre à nouveau pour la plus haute marche du podium à Barcelone et de finir au pied du podium suite au décrochage de son pot d'échappement. Malgré un manque de régularité en termes de résultats sur la suite de l'année, le n°96 affiche une compétitivité et une envie qui n'échappent pas à Hervé Poncharal, qui confirme Rossi chez Tech3 Moto2 pour 2013 dès le mois d'octobre. Le jeune Français termine ensuite sa saison en onzième position, un classement dont il n'est pas satisfait étant donné le potentiel qu'il a montré, et découvre la Mistral 610 à Valence, le lendemain du dernier GP de l'année, lors d'une journée qu'il n'est pas près d'oublier.

Pour toi Louis, 2012 a été une année spéciale, au cours de laquelle il s'est passé beaucoup de choses : ton arrivée chez Racing Team Germany, ta présence aux avant-postes, ta première victoire, ton accord avec Tech3 pour passer en Moto2™… Est-ce que tu peux nous raconter comment tout ça s'est passé ?

"Pour moi l'année 2012 était déjà importante avant même le début de la saison parce que c'était la première fois que j'accédais à une équipe de cette envergure-là et ça a tout d'abord était un vrai combat financier, parce qu'il a fallu trouver beaucoup de moyens pour pouvoir intégrer cette équipe. Ça veut dire que pendant l'hiver, il y a d'abord cette porte qui s'est ouverte et ensuite on a fait tout ce qu'on a pu avec nos partenaires pour arriver à répondre à la demande budgétaire. Finalement on a réussi à mettre en place toute cette somme d'argent pour pouvoir rouler, ce qui n'était pas gagné d'avance. C'était donc déjà une année importante qui commençait parce que mon discours, c'était de dire : maintenant que j'ai l'occasion de rejoindre une équipe comme celle-ci, je me sens prêt à évoluer aux avant-postes et cette année sera décisive pour la suite de ma carrière."

"D'entrée de jeu, on a vu au niveau des résultats qu'on était rapides dès les essais hivernaux. Au Qatar, on a fait une première ligne, même si on a été un peu en retrait durant la course par rapport aux essais qu'on avait faits. A Jerez, je mène un Grand Prix pour la première fois mais je tombe. A Estoril, je remontais sur le groupe de tête quand je me suis fait percuter. Ensuite il y a eu la première victoire, en France. Du coup, c'était aussi mon premier podium et c'était une étape de réussie dans cette saison. Après, on a fait beaucoup de courses où on a pu se battre aux avant-postes mais dans lesquelles j'ai accumulé beaucoup d'erreurs. Globalement, on a montré cette année qu'on était capables d'être rapides mais je n'ai pas montré qu'on était capables d'être constants. C'est le point négatif de l'année. En termes d'objectifs purs, on s'était fixé le Top 10 à la fin de l'année. On termine onzièmes donc c'est un objectif non-atteint. Ça c'est l'une des choses dont je ne suis pas très content mais encore une fois, l'équipe a vraiment bien travaillé, m'a fourni du bon matériel toute l'année et n'a jamais cessé de croire en moi. Je pense que le fait de rouler devant, aux avant-postes, m'a fait faire quelques petites erreurs parce je me sentais très à l'aise, parfois un peu au-dessus de ce que j'étais capable de faire et je suis parti à la faute à de nombreuses reprises."

"Malgré tout, le fait de rouler vite et de me montrer chaque week-end aux avant-postes, ça a permis à des équipes de s'intéresser à moi, notamment à Tech3 puisque Hervé Poncharal est venu me voir assez tôt dans la saison. On s'est tout de suite très bien entendu par rapport à l'éventualité de travailler ensemble et de démarrer une aventure humaine avec l'équipe française. J'ai sauté sur l'occasion parce que pour moi c'était un rêve. Tech3, ça a quand même du chien comme on dit. J'ai commencé la moto quand j'avais 15, 16 ans, je n'y connaissais pas grand chose parce que je suis arrivé très tard mais pour moi c'était déjà une équipe incroyable et si on m'avait dit quelques années plus tôt que j'allais y entrer, ça m'aurait bien fait rigoler. Donc globalement c'est une super saison, avec plein de souvenirs dans une très bonne équipe et puis maintenant ce droit d'entrer dans la classe supérieure, ce qui est formidable."

Tu remportes ta première victoire au GP de France, au Mans, dans ta ville natale, dans des conditions particulières…

"C'est sûr que c'était dans des conditions spéciales parce que le Mans, c'est un Grand Prix qui est pour moi plus compliqué que les autres. Déjà dans l'organisation, parce que j'y reçois tous mes partenaires, des amis, de la famille. On a tellement besoin d'aide pour tout mettre en place que mes amis finissent par travailler avec moi, pour me donner un coup de main, et il a donc fallu bien se préparer. Après, on avait prévu beaucoup d'activités, qui m'ont demandé beaucoup d'investissement en temps et en organisation, à tel point que le samedi soir, avant la course, je n'avais même plus d'endroit où dormir et j'ai été dormir chez ma grand-mère, sur un matelas, par terre. C'était assez drôle et finalement on gagné la course donc ça a été un succès à tous les niveaux, pour tous les gens qui y étaient et moi-même j'ai eu dû mal à réaliser."

Quelles sont les autres courses dont tu tires le plus de satisfaction cette saison ?

"Barcelone, c'était une course très intéressante, avec un départ en tête, puis j'avais commencé à creuser le trou. J'avais fait la moitié de la course avec Viñales (vainqueur de l'épreuve) puis ensuite mon pot s'est décroché, je me battais pour le podium et finalement j'ai terminé quatrième, ce qui n'était pas si mal au vu des conditions. Après il y a eu Assen où on était aussi dans le groupe de tête, avec pas mal d'avance sur le second groupe, et où je finis cinquième. Il y a eu beaucoup de courses où j'étais devant mais où je n'ai pas fini. Celles-là, j'en garde de bons souvenirs parce qu'il y a eu beaucoup de bagarres mais j'en tire surtout de très bonnes leçons qui me serviront par la suite."

Comment as-tu évolué en tant que pilote au cours de cette année ?

"Je pense que j'ai passé une marche dans tous les domaines. Je pense que la préparation, que ce soit physique ou sur la concentration, et le travail hivernal avec Frédéric Corminboeuf (team manager de Technomag-CIP Moto2 cette année) m'a beaucoup apporté. Ça m'a donné beaucoup de confiance, c'est quelque chose que j'ai acquis et que je n'avais pas forcément avant. D'un point de vue technique, mes points forts ont été au niveau du freinage et de l'entrée en virage, du côté des points faibles c'était plutôt l'accélération. Maintenant j'essaye de progresser à tous les niveaux et d'enrichir mon bagage technique pour l'année prochaine en Moto2."

Après ta victoire au Mans, tu t'es associé avec Laurent Fellon et Johann Zarco pour aller t'entraîner sur circuit, chez eux, à Avignon. Qu'est-ce que ce partenariat t'a apporté ?

"C'était la première fois que j'avais l'opportunité de vraiment m'entraîner entre les courses donc c'était vraiment merveilleux. En plus j'ai vraiment été accueilli à bras ouverts par Laurent et Johann. J'ai passé du temps à Avignon avec eux, à rouler et à essayer de comprendre ce qui me manquait pour aller aussi vite qu'un Johann Zarco. Ça a donc été une bonne leçon humaine dans un premier temps. Après, sur la fin de saison, je suis moins allé à Avignon et je me suis un peu écarté de Laurent et de Johann pour la simple et bonne raison que j'ai eu beaucoup de travail à faire avec mes partenaires pour finir de financer ma saison. Parce que rouler en moto c'est une chose, mais si je ne peux pas payer mon équipe pour pouvoir rouler, ça s'arrête aussi sec. Ma priorité a été d'apporter le financement nécessaire à mon équipe, comme je m'étais engagé à le faire."

Le lundi suivant la dernière course de l'année, à Valence, tu as eu ta première journée d'essais en Moto2 avec Tech3. Comment est-ce que ça s'est passé ?

"Ça a été une journée incroyable parce que c'était la découverte d'une nouvelle moto. Auparavant je n'avais roulé que sur des 125cc et là je découvrais un gros 4-temps, un gros cube, avec plus d'espace, plus de puissance, ça glissait, ça mettait de l'angle… C'était vraiment super de découvrir ça et la première chose que j'ai dite en descendant de la moto après mon premier run c'était 'Waouh ! Mais comment ça marche ce truc !' En fait au bout de quelques tours je m'y suis habitué mais la veille j'avais roulé avec la Moto3 et le changement a donc été radical et brutal. Ça a été un régal, surtout avec Tech3, avec qui j'ai de très bonnes relations. On a partagé un bon moment tous ensemble et on a passé une première journée de découverte pure et simple, sans se prendre la tête. Ensuite on est allé rouler deux autres journées à Albacete, où on a commencé à travailler, à parler des sensations sur la moto, à comprendre un peu plus ce qui se passait, à travailler sur les trajectoires, la position et ça commence à venir petit à petit. Il va me falloir encore beaucoup de kilomètres avant de prétendre à rouler aussi vite que les bons mais ça c'est normal et on s'y attendait, mais dans tous les cas je suis très heureux de mes débuts."

Quels sont les domaines dans lesquels tu vas devoir le plus travailler ?

"L'accélération et la position. Il faut que je travaille sur ma position pour mieux accélérer avec la moto. Il faudra aussi un peu changer les trajectoires, avoir de la confiance sur le train avant sur les entrées de virage, bien utiliser le frein, mettre plus d'angle, ce sont des détails sur lesquels il va falloir se pencher mais le plus gros du travail va se faire sur la position et l'accélération."

Tes plans pour cet hiver ?

"Dans un premier temps je suis en train de finir ma saison 2012 puisque là j'organise un évènement pour mes partenaires, le 6 décembre, pour clôturer la saison 2012 et annoncer un peu celle de 2013. Ensuite on va reprendre la préparation sportive et bien se préparer pour cette nouvelle moto, qui demande plus de force au niveau du haut du corps puisqu'elle est plus lourde à manoeuvrer. Du coup, on sait sur quoi il faudra travailler durant l'hiver."

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