Alan Techer dresse le bilan de sa première saison en Grand Prix

lundi, 26 novembre 2012

Vingt-deuxième du Championnat du Monde Moto3™, avec un total de vingt-et-un points, dès sa première saison en Grand Prix, Alan Techer a signé plusieurs belles performances cette année mais a surtout réussi son apprentissage et assimilé les bases indispensables à sa progression.

Après avoir commencé sa carrière en France et découvert le monde des Grands Prix grâce à la Red Bull MotoGP Rookies Cup, dont il finit troisième en 2011, Alan Techer faisait ses débuts dans le Championnat du Monde Moto3™ cette année, avec le Technomag-CIP-TSR dirigé par Alain Bronec. Le jeune Français a très vite marqué ses premiers points et obtenu son meilleur résultat au Mans, sous la pluie, avant de traverser une période un petit peu plus compliquée. Techer a cependant beaucoup appris face aux difficultés qu'il a pu rencontrer lors de sa première saison et se prépare d'ores et déjà pour la prochaine, qu'il fera également avec Alain Bronec et le Team CIP.

Alan, tu viens de finir ta première année en GP, quel bilan fais-tu de ta saison 2012 ?

A. T. : "Pour moi c'est une première année positive, c'était surtout un apprentissage, pour découvrir ma moto, le Moto3 et les 4-temps. Pour moi ça a été une bonne année. J'ai fait un très bon début de saison, il y a ensuite eu quelques complications, je n'ai pas toujours été aussi performant que je l'espérais. On s'est ensuite remis en question et avec Alain, on a commencé à bien mieux travailler à partir d'Aragón et même si les résultats n'étaient pas là, on progressait quand même course après course. On a avancé sur la moto, sur le pilotage, sur la façon dont je dois aborder les courses. C'était plutôt bien et je pense que ça a été une très bonne année pour moi."

D'où sont venues ces complications que tu as eues à partir de la mi-saison ?

A. T. : "Je me suis d'abord fait percuter trois fois. A Brno, c'était dès la première séance d'essais et j'ai été écarté pour tout le week-end (par la Direction médicale, en raison d'une légère commotion). Après, à Misano, je me suis fait percuter au premier tour, dans le premier virage. J'ai aussi fait une erreur à Indianapolis, où je jouais la onzième place. J'ai été un peu trop gourmand et je suis tombé. C'était aussi un peu compliqué à Aragón et ensuite il y a eu les courses outre-mer. Je fais un jump start (pour lequel il sera pénalisé avec un passage imposé par la pit-lane) au Japon mais là-bas j'avais des chronos qui m'auraient placé entre le 8ème et le 11ème, donc il y a quand même du positif à garder. Après, j'ai eu du mal en Malaisie parce que c'était un circuit que je ne connaissais pas mais surtout à cause du climat et de la chaleur. C'était un peu particulier, je n'ai pas réussi à m'oxygéner correctement et j'ai fait quelques erreurs. Après ça, en Australie, je finis seizième, proche des points, malgré un petit problème d'embrayage."

Quels ont été les domaines dans lesquels tu as dû le plus travailler ?

A. T. : "Dans la Red Bull Rookies Cup, on ne touche pas à la moto et quand on arrive en Grand Prix, il y a beaucoup de paramètres techniques à prendre en compte. C'est un peu troublant parce que quand ça ne va pas, on se dit rapidement que ça vient de la moto et qu'il suffit de changer les réglages, alors que ce n'est pas vrai."

"Le niveau ici est aussi vraiment beaucoup plus élevé qu'ailleurs, c'est le Championnat le plus difficile. Sur les deux ou trois derniers tours, les pilotes prennent des risques incroyables. En dehors de ça, j'ai appris à me remettre en question. En Australie, la moto tournait bien mais j'avais un peu de mal. Je savais néanmoins que je devais me remettre en question et essayer de voir comment je pouvais aller plus vite sans toucher à la moto. C'est quelque chose que je ne pouvais pas faire en début de saison parce que j'avais beaucoup de technique à assimiler et à ce moment-là, je me disais que ça venait plus de la moto que de moi."

Ton meilleur souvenir de la saison ?

A. T. : "C'était le Grand Prix de France, où je finis dans le Top 10 (8ème), devant mon propre public. C'était incroyable, l'ambiance, la foule qui criait… Pour moi c'était vraiment mon plus beau Grand Prix."

Tu croises souvent les autres pilotes français dans le paddock, est-ce qu'ils ont pu t'aider lors de cette première année ?

A. T. : "Pas particulièrement mais c'est vrai qu'on discute souvent et ça m'arrive d'aborder un sujet, par exemple pour savoir comment passer tel virage, et ils ont des petits conseils à donner. Après, ce n'est pas vraiment de l'aide. L'aide, je l'ai reçue de la Fédération, de Claude Michy et surtout d'Alain Bronec et du CIP, qui m'ont eux vraiment aidé."

Quel va être ton programme d'entraînement pour cet hiver ?

A. T. : "Je me suis fait prêter une motocross et je vais donc faire pas mal de cross cet hiver. Après ça, je partirai à Alès pour deux ou trois mois, pour être dans l'équipe, avec Alain, et surtout pour rouler sur le circuit. Alain pourra me suivre et me dire ce qui ne va pas, ce que je dois changer, m'aider à progresser et à bien me préparer pour les premiers tests IRTA qui auront lieu l'an prochain."

En dehors de la compétition, une première année en Grand Prix veut aussi dire que tu changes de rythme de vie, que tu retrouves le paddock presque toutes les deux semaines, que tu voyages autour du monde. Qu'est-ce qui t'a le plus plu de cette nouvelle vie ?

A. T. : "Le fait d'autant voyager parce que même si on ne visite pas beaucoup, on passe quand même de très bons moments. Par exemple en Australie, on a pu aller à plage, surfer, aller voir de près des kangourous… C'est juste extraordinaire. On voit du pays et ça motive pour continuer, on a envie de continuer à voyager comme ça au fil des Grands Prix."

"Maintenant je tiens à remercier tous mes sponsors, c'est grâce à eux que je suis ici, et surtout Alain Bronec, c'est la personne que je remercie le plus parce qu'il se donne vraiment à fond pour que je réussisse."

 

Le point vue d'Alain Bronec

Quel bilan fais-tu de la première saison d'Alan ?

A. B. : "On a fait un très bon début de saison, on a marqué des points assez régulièrement en début d'année. Je pense que techniquement, on était prêt, et qu'Alan était bien préparé. Les saisons sont longues en Grand Prix et je ne sais si Alan avait évalué la longueur de la saison. C'est vrai qu'il y a eu un petit passage à vide. Après ça, on a fait une fin de saison où on manquait un peu de réussite mais où Alan a fait du bon travail, ce qui sera intéressant pour l'année prochaine. Et puis sur la dernière partie de la saison, Alan découvrait beaucoup de circuits. Maintenant, on est dans une situation où, à part au Texas, où tout le monde sera sur un nouveau circuit, on dispose d'informations pour toutes les pistes, ce qui nous permettra de continuer à aller dans le même sens l'année prochaine."

"Il a marqué vingt-et-un points, pour un Français en première année, c'est très intéressant et ça faisait longtemps que ce n'était pas arrivé. C'est donc quelque chose de valorisant pour nous et on va essayer de continuer à le faire progresser."

C'est un projet spécial puisque tu as réussi à réunir un team français avec un pilote français…

A. B. :  "Oui, d'autant plus que je suis responsable sportif à la Fédération Française de Motocyclisme pour la vitesse. Je connais Alan depuis qu'il a 7 ou 8 ans. Il était venu à la MiniBike Academy et il sort de toute la filière FFM dont je m'occupe. Pour moi c'est donc vraiment intéressant d'avoir formé un jeune pilote et de l'avoir dans mon équipe après."

Comment Alan a-t-il le plus évolué au fil de cette première année ?

A. B. :  "Ce qui a le plus changé, c'est qu'il a compris qu'il y avait beaucoup de travail à faire. Entre le Qatar, où ça paraissait facile parce qu'on était prêt techniquement, et les circuits de fin de saison, Alan a passé un petit cap au niveau de la manière de travailler et on va s'appuyer là-dessus pour continuer. Il commence vraiment à s'organiser de lui-même. Je n'étais pas en Australie mais il s'avère qu'il a bien cadré son travail. On a moins besoin d'être avec lui et ça devient intéressant parce qu'on a une bonne relation de travail. Il commence aussi à très bien connaître les techniciens et les mécaniciens et avec tout le même petit groupe, on va repartir pour la même aventure l'année prochaine."

"Cet hiver, il va venir habiter sur Alès et on va travailler, faire de la préparation physique, rouler mais aussi étudier un peu l'anglais et la technique parce qu'on s'aperçoit que les jeunes pilotes qui arrivent en Grand Prix n'ont pas toujours un très bon niveau technique, notamment en mécanique. Ils ne connaissent pas tout ce dont ils ont besoin de savoir au niveau de la technique et c'est donc quelque chose à voir."

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