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Randy Mamola revient sur la course de Rio

Randy Mamola revient sur la course de Rio

Randy Mamola revient sur la course de Rio

Franchement, qui aurait pensé que Valentino Rossi et Sete Gibernau quitteraient tous deux Rio avec le compteur bloqué à 126 points ? Ce fut une sacrée surprise et une course incroyable, avec une superbe victoire de Makoto Tamada.

Félicitations à Makoto, mais aussi à Bridgestone, qui a réussi à surmonter les problèmes rencontrés au Mugello, où Nakano était sorti de la piste à 300 km/h après avoir déchappé et où un problème similaire avait empêché Tamada de se battre pour la victoire.

Le résultat de la course de dimanche peut sembler surprenant, mais si l'on regarde ce qu'il s'est passé l'an dernier et que l'on enlève Rossi et Gibernau, il y a une similarité frappante. Rossi et Gibernau s'étaient emparés des deux premières places, devant Makoto Tamada, Max Biaggi, Nicky Hayden et Loris Capirossi. Dimanche, ces quatre pilotes ont terminé aux quatre premières places, séparés par des écarts quasiment identiques à ceux de l'an dernier !

Il est impossible de dire ce qu'il se serait passé si Sete et Valentino n'avaient pas chuté, et l'on pourrait passer toute la journée à spéculer là-dessus, mais à mon avis, Tamada aurait gagné de toute façon. Durant cette course, il avait l'air de piloter sur un rail, ses pneus avaient un grip incroyable. Personne n'aurait pu suivre son rythme en fin de course.

Sur le papier, les plus rapides étaient Gibernau et Biaggi, et si vous m'aviez demandé de choisir un favori avant le départ, j'aurais dit Gibernau. Je ne pensais pas que Max serait capable de maintenir la cadence sur toute la distance de la course, mais il y est arrivé. Il y aurait eu une sacrée bataille pour la deuxième place. Rossi aurait aussi été là pour se battre pour le podium.

Valentino a attaqué, et il aurait eu à se battre contre Gibernau pour conserver la tête du Championnat, mais le plus étonnant, c'est qu'il ait chuté alors que Sete avait déjà abandonné, alors qu'il aurait pu jouer placé et se contenter de marquer des points. Quelqu'un m'a dit que s'il voulait gagner le titre avec ce genre de stratégie, il serait resté chez Honda. On se rappelle comment il a couru à Phillip Island pour gagner son premier titre MotoGP en 2001, quand il avait battu Biaggi au dernier tour alors qu'il restait encore deux courses à disputer.

Là; c'était un peu différent. Il savait que s'il commettait une erreur, il pourrait se rattraper en Malaisie ou à Rio pour décrocher le titre. Aujourd'hui, il ne sait pas ce que lui coûteront les points perdus dimanche dernier. Je ne critique par Rossi, il est Champion du Monde après tout, mais on avait vu à Jerez et au Mans qu'il savait aussi calmer le jeu pour se contenter d'une quatrième place, et je suis surpris qu'il n'ait pas adopté cette attitude cette fois-ci.

Il faut saluer l'excellent week-end de Kenny Roberts Jr, qui a signé la pole avec un tour parfait samedi après-midi et qui a ensuite tout fait pour conserver la première place en début de course. Kenny était en tête lors des premiers tours, mais la blague qui circulait dans le paddock après la course évoquait le fait que Garry Taylor, manager du team Suzuki, ait besoin d'acheter de nouveaux autocollants pour la course du Sachsenring, après que les trois Honda les aient arrachés dans la ligne droite.

En tout cas, ce fut une belle performance de Kenny et une nouvelle démonstration des progrès de Suzuki. En course, il n'a concédé qu'une seconde au tour au vainqueur.

Il faut reconnaître que tout le monde a progressé. Si l'on compare les temps de ce week-end avec ceux enregistré l'an dernier en septembre, on constate une sacrée différence. Par exemple, n'importe lequel des cinq premiers de la course de dimanche se serait imposé l'an dernier avec le même temps de course, mais le rythme des hommes de tête éclipse toujours les progrès des autres.

Ainsi, Shinya Nakano, sur Kawasaki, a gagné huit secondes sur son temps de course de l'an dernier, quand il était encore sur Yamaha. Chez Aprilia, Jeremy McWilliams a mis cinq secondes de moins qu'Edwards pour couvrir les 24 tours de la course.

La performance la plus décevante du week-end est venue de Ruben Xaus, qui avait fait jusqu'ici un super début de saison. Cette fois, il a mis 20 secondes de plus que Loris Capirossi en 2003 sur la même machine. C'est une déception toute relative, car Ruben avait fait de très belles courses récemment. Il a encore largement battu son coéquipier Neil Hodgson.

Maintenant, nous nous prenons la direction de l'Allemagne et du Sachsenring, pour la huitième manche, avec Rossi et Gibernau qui se retrouvent au même point qu'avant le Brésil, à égalité de points. Ce devrait être une belle course ; l'an dernier, Gibernau avait gagné en battant Rossi dans le dernier virage, et cette prochaine course devrait constituer un nouvel épisode intéressant dans la relation entre ces deux pilotes.

A ce sujet et pour conclure, je vous livrerai une petite anecdote. Dimanche soir, à l'aéroport de Rio, j'étais dans la salle d'embarquement, à attendre mon vol avec Sete et Nicky Hayden. Valentino est passé a côté de nous et j'ai remarqué un curieux échange de regards entre lui et Sete. C'était probablement la première fois qu'ils se revoyaient "de près" depuis le podium d'Assen, et il y avait encore un peu de ressentiment au sujet de la manoeuvre de Rossi.

Aucun des deux ne semblait savoir quoi dire, mais Sete a finalement brisé la glace : "Je ne sais pas lequel est le plus idiot, moi ou toi."

Rossi a souri, avant de répondre : "Je pense que nous gagnons tous les deux à ce jeu-là."

On se revoit en Allemangne !

Randy

Tags:
MotoGP, 2004

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