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Dani Pedrosa et la réussite espagnole

Dani Pedrosa et la réussite espagnole

La brillante victoire de Dani Pedrosa au Portugal a été une nouvelle preuve de la supériorité des pilotes espagnols en Grand Prix.

La saison 2010 du Championnat du Monde MotoGP a incontestablement été celle de l’Espagne et il s’agissait aussi de la toute première que trois pilotes d’un même pays remportaient les titres des trois catégories du Championnat du Monde de Course sur Route.

L’Espagne avait déjà connu la gloire en motocyclisme dans les années 60, 70 et 80, notamment grâce aux petites catégories mais surtout grâce à Angel Nieto qui avec treize titres de Champion du Monde est le deuxième pilote le plus titré de l’histoire. Il a cependant fallu attendre 1999 pour qu’un Espagnol s’impose dans la catégorie reine, il s’agissait d’Alex Crivillé. Jorge Lorenzo a ensuite offert à l’Espagne son premier titre MotoGP près de dix ans après le titre 500cc de Crivillé, mais tout semble indiquer que le prochain titre espagnol ne mettra pas aussi longtemps à arriver.

L’Espagne est le pays qui soutient le plus le motocyclisme et Dani Pedrosa est un symbole fort du système espagnol. Le triple Champion du Monde originaire de Sabadell est un pur produit du motocyclisme espagnol mais aussi l’un de ses protecteurs puisqu’il s’engage régulièrement à assurer sa prospérité.

Pedrosa a fait la meilleure saison de sa carrière en MotoGP l’an dernier, avec quatre victoires et deux secondes places. Cette année, le Catalan a commencé avec une troisième place au Qatar puis une seconde place à Jerez avant de remporter une superbe victoire face à son compatriote Jorge Lorenzo le week-end dernier au Portugal. Ne sachant pas si son épaule récemment opérée allait tenir durant toute la course, Pedrosa a dû mettre une place une stratégie ingénieuse et est resté dans la roue de Lorenzo jusqu’à la fin de l’épreuve, pour finalement passer à l’attaque en fin de course et décrocher sa treizième victoire en MotoGP.

Le gouvernement espagnol est en partie responsable de la réussite des pilotes espagnols puisqu’il finance le développement des circuits dans le pays qui compte le plus de pistes au monde. Quatre manches du Championnat du Monde ont lieu en Espagne, dans des infrastructures de haut-niveau qui sont juste en-dessous de la classe mondiale. Les pilotes disposent donc de nombreuses pistes pour faire leur apprentissage avant d’arriver sur la scène internationale et cinq des sept courses du CEV Buckler, le Championnat d’Espagne, ont lieu sur des circuits de Grand Prix.

Organisé par Dorna Sports, la société qui détient des droits commerciaux du MotoGP, depuis 1998, le CEV Buckler est un fantastique tremplin vers le MotoGP, si bien que de jeunes pilotes venant de tous les pays d’Europe viennent y faire leur apprentissage. Le CEV a une structure similaire à celle du Championnat du Monde, avec des catégories 125cc, Moto2 et une autre catégorie pour les grosses cylindrées.

Nous avons retrouvé Dani dans l’hospitality Honda le veille de sa victoire à Estoril pour discuter du système espagnol et de la réussite des Espagnols.

Dani Pedrosa : Il y a trois choses qui font un bon pilote. D’abord le talent, ensuite la détermination, puis le travail. Certains ont plus de talent que d’autres et ils se distinguent aussi par le travail. D’autres réussissent parce qu’ils sont plus déterminés. C’est un sport qui se déroule de la même façon depuis de nombreuses années, on peut parfois atteindre le plus haut niveau et parfois non, ça peut dépendre du niveau de la catégorie qui change d’une année à l’autre. Puis un jour, il y a un pilote qui aligne les premières et secondes places. Je crois que nous avons une très bonne structure en Espagne parce que nous avons beaucoup de circuits et le Championnat national, qui s’occupe très bien de l’apprentissage des pilotes. Beaucoup d’étrangers y participent. Nous avons un bon climat, c’est aussi important. La Fédération Espagnole et la Fédération Catalane s’occupent très bien des jeunes, dès qu’ils ont huit, neuf ou dix ans et les font courir très jeunes. Je pense que c’est la clé. L’Espagne croit au motocyclisme.”

Est-ce que c’était pareil lorsque tu étais jeune ou bien est-ce que c’est quelque chose qui s’est développé ces dernières années ?

DP : Je pense qu’ils avaient déjà cette philosophie d’aider les jeunes quand j’ai commencé et j’en ai certainement profité.

Un des points intéressants du Championnat d’Espagne est qu’il dispose de catégories similaires à celles du MotoGP. Il semble que ce soit fait pour aider les pilotes à plus tard arriver dans le Championnat du Monde.

DP : Bien sûr. Les pilotes sont tous dans des situations différentes mais c’était le cas pour moi. Ça m’a permis d’être concentré sur la compétition, sur mon pilotage et sur mes objectifs. D’autres pilotes ont plus de mal, parce qu’ils ont du mal à trouver des sponsors ou pour d’autres raisons. Mais je crois que les pays ont tendance à penser que leurs jeunes sont plus faits pour un sport que pour un autre, que ce soit le football, la natation… et Espagne et en Catalogne, le motocyclisme fait vraiment partie de la culture locale.

Qui étaient tes héros lorsque tu étais plus jeune ?

DP : J’ai commencé à suivre dans les années 90 et j’admirais tous les pilotes. Ils faisaient des choses incroyables en 500cc.

Pourquoi la Catalogne et pas une autre région de l’Espagne ?

DP : C’est un peu étrange parce que si on repense au début de la carrière de (Valentino) Rossi, beaucoup de pilotes venaient de là. Si vous prenez le taxi à Barcelone, au feu rouge vous verrez beaucoup de motos se mettre devant. C’est comme une course, pour les scooters comme pour les motos. La Catalogne est un pays qui est fort en course sur route mais aussi en trial et en enduro. Moins en motocross. C’est un pays où il y a une véritable philosophie du motocyclisme.

Le nouveau Champion issu du système espagnol est Marc Márquez. Est-ce que tu as eu l’occasion de travailler avec lui ?

DP : Oui, nous nous connaissons depuis un moment et nous discutons souvent, il est assez intelligent, il a du talent mais il surtout très courageux. Il n’a peut-être pas besoin de mes conseils, il a surtout besoin d’expérience.

Interview réalisée par Honda Racing

Tags:
MotoGP, 2011, bwin GRANDE PREMIO DE PORTUGAL, Dani Pedrosa, Repsol Honda Team

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