Achat de billets
Achat d'un VidéoPass

Les 1000cc selon Casey Stoner

Le Champion du Monde 2011 livre ses impressions sur le nouveau prototype Repsol Honda ainsi que sur le passage aux 1000cc pour la saison MotoGP™ 2012.

Quelles sont les principales différences entre la 1000 et la 800 pour aborder l'entrée, le milieu et la sortie de virage ?
"Il n'y a pas tellement de différences entre la 1000 et la 800 mais Honda a amélioré la stabilité au freinage. L'empattement est peut-être un peu différent et nous avons un peu plus de stabilité pour entrer en virage. L'arrière rebondit moins et on peut donc freiner plus fort. Notre moto a beaucoup progressé dans ce domaine et ça change évidemment le point de freinage. L'entrée en virage est quant à elle identique et à partir de là, c'est à peu près la même chose. Je crois que nous avons surtout progressé sur le châssis. Le poids de la moto est le même et la façon dont elle réagit est donc très similaire, si ce n'est pas identique."

Le poids est le même ?
"Ils ont récemment décidé d'ajouter quatre kilos mais je pense que ça ne change pas grand chose. Ce serait différent si c'était 20kg. Pour l'instant la moto est assez proche de la 800. La seule différence se situe au niveau des réactions du châssis. En sortie de virage, nous utilisons bien mieux la puissance et nous pouvons avoir beaucoup plus de couple avec ce moteur. J'ai maintenant plus de motricité grâce au couple et au meilleur contrôle que nous avons sur le moteur, et la moto va plus loin avant de se mettre à glisser."

Est-ce qu'on peut être moins précis avec la 1000 et obtenir les mêmes résultats ?
"Non, je ne crois pas. Le gain de couple permet de sortir très vite de virage mais les 800 étaient déjà très puissantes. Avec la 1000, nous devons piloter de la même manière, en étant aussi précis."

Est-ce qu'elle est plus exigeante que la 800 lorsqu'on fait une erreur ?
"Non, je pense qu'elle lui est très semblable. Avec la 800 nous avions peut-être une meilleure vitesse de passage en courbe. Avec la 1000, surtout sur les pistes où nous avons une boîte courte, la moto a beaucoup plus tendance à se cabrer. On pouvait peut-être être plus agressif dans les virages avec la 800 mais les deux se pilotent de la même façon. J'ai regardé les trajectoires que prennent les autres et j'ai aussi fait attention aux marques noires sur la piste. Ils utilisent toujours toute piste. De mon côté j'utilise de moins en moins la largeur de la piste, parce que je peux profiter du gain de couple, mais globalement les deux motos se pilotent de la même façon."

Tu avais déjà remporté un titre avant celui de 2011. Est-ce qu'il est plus difficile de gagner ou de défendre un titre ?
"Je crois que la défense du titre n'existe pas. On ne commence jamais une saison avec un avantage de points sur les autres. On a un numéro de course différent sur la moto, si on le souhaite, mais tout le monde repart de zéro. Surtout cette année, nous passons des 800 aux 1000 et tout sera différent de l'an dernier, c'est une catégorie complètement différente maintenant. Je ne crois pas qu'on puisse aborder une saison en pensant à défendre son titre."

Après ton premier titre, tu as eu beaucoup de problèmes en 2008 et garder le n°1 a été encore plus difficile.
"Je pense que nous n'étions pas très bien partis avec la moto de 2008. Nous avions eu des problèmes dès le début de la saison. Nous avions des problèmes avec le train arrière et nous essayions de les résoudre en changeant la tension de la chaîne par exemple, plein de petits détails comme ça. Mais ensuite il y a eu la caméra qui est tombée et qui n'arrêtait pas de cogner sur ma moto à Estoril, nous avons perdu un moteur au Mans, nous avons aussi de gros problèmes à la fin de l'année lorsque mon poignet est parti en morceaux mais la seule chose dont les gens se rappellent, c'est que j'ai perdu le titre. De mon côté je pense que nous nous étions très bien battus étant donnée l'année que nous avions eue. Et je pense que nous avions prouvé à tout le monde que nous aurions pu de nouveau être champions cette année-là. Ça a été pareil en 2009, nous étions en tête du championnat lorsque j'ai commencé à souffrir de mon intolérance au lactose. Il n'y a qu'en 2010 que nous n'avions aucune excuse. Nous n'avions pas la moto, nous n'avions pas l'équipement, nous n'avions simplement pas réussi à nous préparer à temps. Nous avons fait des erreurs, nous avons attaqué là où nous n'aurions pas dû le faire. A la fin de la saison, lorsque nous avons réussi à rebondir, nous avons cependant montré que nous pouvions de nouveau gagner."

Wayne Rainey disait qu'à chaque championnat, il sentait la nécessité de gagner et qu'il ne pouvait pas se contenter de la seconde place.
"Je pense que ce championnat change beaucoup. Wayne était la référence et il ne poursuivait personne mais je suppose qu'on peut toujours gagner plus de courses par saison, on a toujours des objectifs. Mais pour moi, le problème est la façon dont le championnat change et dont le règlement change. Il y a toujours des excuses pour justifier ces changements et la compétition n'est plus ce qu'elle était à cette époque-là. Je n'aime pas vraiment la direction prise par ce championnat. En même temps j'ai toujours mes objectifs que je peux essayer d'atteindre et si je n'y arrive pas, je pourrai quand même être content de la carrière que j'ai eue."

L'un de ses problèmes était qu'en gagnant aussi souvent, il n'obtenait pas beaucoup d'améliorations pour sa machine. Ça ne semble pas être un problème chez Honda.
"Dans ce team, à chaque fois je fais une remarque, ça les motive toujours à essayer de faire mieux. Chez Honda, ils travaillent sans cesse pour progresser. Ils ne veulent jamais s'arrêter. Maintenant que nous avons la 1000, il y a beaucoup de choses à voir et ils sont déjà en train d'essayer de parfaire tous les moindres détails."

A Laguna Seca, tu as eu l'une de tes courses les plus frustrantes en 2009 puis l'une de tes meilleures l'an dernier.
"Je crois que tout le monde se rend enfin compte que la course n'avait pas été facile sur Ducati et que le dépassement n'avait peut-être pas été aussi propre que les gens le disaient à l'époque. J'avais fait tout mon possible pour cette course et ça n'avait pas marché. Je l'ai rapidement oubliée mais personne d'autre ne l'a fait. Pour moi ce n'est plus un problème."

Et quand tu as passé Jorge Lorenzo l'an dernier, est-ce que tu avais préparé ta manoeuvre ?
"Pour être honnête, j'y pensais depuis pas mal de tours mais sans connaître l'endroit exact. Je m'étais juste dit que j'allais saisir la première opportunité qui se présenterait. J'ai toujours été fort sur la dernière section de Laguna, j'étais déjà rapide là-bas avec la Ducati. La clé est de passer les vitesses de sorte que le nez de la moto reste au sol, parce que c'est une piste très courte. Sur les tours précédents, je rattrapais Jorge au même endroit à chaque fois et je savais que j'arriverais à passer si je pouvais me rapprocher suffisamment et qu'il passait un peu moins bien ses vitesses. Puis c'est arrivé. En revoyant la vidéo, on voit que j'accélère tout à coup et c'est dû au fait qu'il est resté en wheelie trop longtemps alors que je continuais à gagner en vitesse à l'extérieur."

Beaucoup de gens disent que ça a été le tournant du championnat. Est-ce que tu es d'accord ou non ?
"Non, je ne suis absolument pas d'accord. Il y a toujours beaucoup de tournants dans le championnat. Chaque course est un tournant du championnat."

Tags:
MotoGP, 2012

Autres contenus qui peuvent vous intéresser ›