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Danilo : « Le plus logique serait de rester chez Ambrogio »

Danilo : « Le plus logique serait de rester chez Ambrogio »

Le rookie français Jules Danilo s’est confié à OffBikes.com pour discuter de son week-end à Misano, de son travail sur la Mahindra, de sa nouvelle méthode d’entraînement ainsi que de ses perspectives pour 2015.

Malgré un début de week-end compliqué, Jules Danilo réalise un très bon début de course. Une première erreur de Gabriel Rodrigo puis un dépassement de Philipp Oettl l'ont cependant placé en dernière position. Il réussit toutefois à réaliser ses meilleurs temps du week-end pour terminer en 26e position. Retour sur ce week-end et sur son avenir en Championnat du Monde.

Un week-end compliqué dans chacune des catégories avec de la pluie le vendredi, une piste séchante le samedi matin et du soleil dimanche, comment s'est déroulé ce GP de Saint-Marin ?

« Il est vrai que le résultat final n'est pas le meilleur, mais dans l'ensemble c'était un bon week-end. Hormis quelques gouttes à Indianapolis durant la FP1, nous n'avons jamais eu de séances sous la pluie. N'ayant jamais roulé sous la pluie avec la Mahindra, j'avais de l'appréhension. Au final, ça s'est plutôt bien passé puisque je termine 14e le vendredi. Je savais qu'il allait faire beau samedi et dimanche mais Misano est une piste que je ne connaissais pas : quelques pilotes roulent vite sur le sec et non sur le mouillé et inversement. En FP3, sur une piste séchante, malgré une sortie tardive, je me sentais bien. Pour la qualification, mon mécanicien avait très bien réglé ma machine. Je pouvais pousser au maximum. Malheureusement, j'avais toujours ce problème de boîte que j'avais déjà rencontré en course à Silverstone : l'embrayage se verrouille mal ce qui génère de faux points morts et un blocage de la roue arrière. J'ai réussi à entamer un bon dernier tour mais dans le dernier secteur, la roue s'est bloquée et j'ai tiré tout droit. Je partais 27e mais j'étais confiant pour la course. Je fais un bon départ pour me placer en 22e position dès le premier tour à la lutte pour la 17e position en compagnie de Kornfeil et Tonucci. Au tour 8, Rodrigo m'a percuté et j'ai perdu le contact avec le groupe de devant. Dans ce même tour, Philipp Oettl m'a fait l'intérieur et m'a contraint à sortir large et à traverser le bac. Je repars dernier en réalisant de bons temps au tour. C'est vraiment pas de chance. »

Que t'a-t-il manqué ce week-end ?

« Il me manquait un peu de roulage sur le circuit. Au niveau réglages, je me sentais bien. Seul en course, j'étais capable de réaliser de meilleurs temps que durant les qualifications. L'équipe était contente de ça mais finir 26e en ayant toutefois réussi à passer Ramos et Gardner n'était pas ce que j'espérais. J'ai fait le maximum pour échouer à seulement cinq dixièmes du groupe de Carrasco. »

Malgré une bonne dynamique depuis le Sachsenring, tu as été victime de problèmes de boîte de vitesses et d'embrayage à plusieurs reprises, est-ce propre à la Mahindra ou aux réglages ?

« L’embrayage de la Mahindra est capricieux. Je suis équipé de l'embrayage à glissement anti-dribble, alors que Brad, ayant marre de ces problèmes d'autant plus qu'il se sert beaucoup du frein arrière, est passé à l'embrayage standard. Il a beaucoup plus de frein moteur et c'est pour cette raison qu'il arrive en glisse en entrée de virage. J'ai quelques difficultés avec cet embrayage et je préfère celui à glissement que j'avais sur la KTM la saison dernière. Sur la Mahindra, il s'use et chauffe très vite, les vitesses rentrent alors très mal et la roue se bloque. De même, pour les départs, je suis obligé de me servir du launch-control sinon je risque de griller l'embrayage dès le premier tour. C'est pour cette raison que je loupe mes départs, je n'aime pas utiliser ce système. C'est un problème mais il faut y faire face. »

Ces problèmes t'ont-ils contraints à changer ton style de pilotage pour te rapprocher de celui de Binder ?

« J’ai un style de pilotage coulé et ce n'est pas ce qui correspond le mieux à la Mahindra. Il faut vraiment être agressif pour dompter son cadre rigide. Brad est très agressif sur la Mahindra. Lorsque nous comparons nos données, il est très difficile de comprendre exactement son style. Néanmoins, je me sers de lui pour comprendre. L'équipe souhaite que nous roulions ensemble mais je préfère rouler seul afin de pousser au maximum mes propres limites. Pour avoir une bonne place sur la grille, il est important de se servir de quelqu'un surtout en Moto3 où l'aspiration joue un rôle primordial. Mais en course à Misano, seul, j'ai réalisé mes meilleurs temps du week-end. »

La préparation physique est-elle une notion importante dans le pilotage de la Mahindra ?

« Sur plan physique, je n'ai pas de problème pour piloter une Moto3. J'ai un programme physique que nous avons décidé durant la période hivernale grâce à Benoit Campargues, mon préparateur, qui s'occupe de ma préparation physique et mentale sur l'approche de la compétition. Je suis capable tenir 25 tours en course sans éprouver de difficulté. C'est sur le style de pilotage qu'il faut que je travaille. Ce n'est pas parce que j'aurais pris de la masse musculaire que mon style de pilotage va s'améliorer. »

Avant la trêve tu t'es associé avec Johann Zarco et son manager Laurent Fellon pour suivre leur programme d'entraînement, en quoi consiste une séance d'entraînement ?

« Avec Johann et Laurent, l'idée était de pouvoir améliorer mes séances d'entraînement. Entre les courses, si tu ne t'entraînes pas, tu dois te remettre en situation et dans le rythme à ton arrivée sur le circuit. Habitant dans le nord, loin de tout circuit, c'est quelque chose qui nous manquait entre les courses. Nous nous sommes rapprochés de Johann et Laurent et de Dubois Motos depuis le GP de Catalogne. Nous travaillons énormément sur la position sur la moto, les changements d'angle et surtout sur le fait de pencher le haut du corps. Il n'y a pas de secret, tous les pilotes de tête en Moto3 déhanchent beaucoup et sont mobiles d'un repose-pied à l'autre. Leur méthode d'entraînement fonctionne et a aidé Johann à obtenir le titre de vice-Champion du Monde 125cc en 2011. Nous l'avons testée mon frère et moi pour la première à Aragón cet été. Depuis la reprise, il y a une progression et je manque de marquer mon premier point à Indianapolis. »

Quels sont tes objectifs pour le prochain GP à Aragón ?

« C’est une piste que j'apprécie et sur laquelle j'ai réalisé mon meilleur résultat en CEV avec une 5e place. Je suis impatient d'y être, il est important de réaliser de bons résultats. La fin de saison approche et il faut convaincre les équipes de me donner une chance pour une seconde saison. »

Justement, quelles sont tes perspectives pour la saison prochaine ?

« Nous sommes en discussion. La logique serait de rester dans l'équipe Ambrogio si le budget est raisonnable. Toutefois, nous faisons le tour du paddock pour se renseigner sur les demandes des autres équipes. Pour le moment, je pense que je resterai dans l'équipe Ambrogio avec un nouveau coéquipier puisque Alessandro Tonucci rejoindra l'équipe sur la demande des sponsors italiens à la place de Brad qui rejoindra l'équipe Ajo. »

Propos recueillis par OffBikes.com

Tags:
Moto3, 2014, Jules Danilo, Ambrogio Racing

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