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Quand Zarco fait parler l’expérience

Quand Zarco fait parler l’expérience

Le Français s’est confié à motogp.com après avoir remporté sa première victoire en Moto2™ au Grand Prix Red Bull de la République Argentine.

Johann Zarco poursuit son petit bonhomme de chemin. Arrivé en Grand Prix en 2009 après avoir remporté la Red Bull MotoGP Rookies Cup, le Français progresse d’année en année et vient de décrocher sa première victoire en Moto2™ en Argentine, lors de troisième manche la saison 2015, sa quatrième dans la catégorie. 

Zarco était parvenu à atteindre le podium de la catégorie intermédiaire dès 2013 en prenant deux troisièmes places puis quatre autres l’an dernier mais n’avait pas réussi à faire mieux. Avec un nouveau châssis, fourni par Kalex, et un nouveau team, celui d’Aki Ajo, avec lequel il avait été vice-Champion du Monde 125cc en 2011, Zarco a franchi un cap dès la pré-saison 2015 et l’a confirmé en se battant pour la victoire à chacune des trois premières courses, jusqu’à enfin remporter sa première victoire sur 600cc le week-end dernier à Termas de Río Hondo, en s'imposant en plus suite à une échappée en solitaire. 

Coaché et soutenu par Laurent Fellon, qui le suit depuis le début de sa carrière, Zarco continue donc à se bonifier et a expliqué qu’il devait sa progression à l’expérience accumulée au fil des saisons mais aussi au travail réalisé avec toute son équipe.

Johann, quel effet t’a fait cette première victoire en Moto2™ ?

« C’était beaucoup de plaisir, il y avait en plus un bonus puisque je prenais la tête du Championnat, puis 25 points. C’était vraiment bien de passer en tête du Championnat de cette manière. J’étais passé très proche de la victoire au Qatar, je sentais que je pouvais le faire. Au Texas aussi et c’était bien d’assurer la deuxième place là-bas parce que Sam (Lowes) était très en forme puis là j’ai bien travaillé avec l’équipe. On savait que je pouvais mieux me sentir sur la moto et que ça me permettrait de gagner. C’est exactement ce qui s’est passé en Argentine et il y a beaucoup de points positifs à prendre en compte, grâce auxquels nous essayerons de remporter d’autres victoires sur les prochains Grands Prix. »

Tu as fait une course parfaite en partant devant assez tôt puis en entretenant ton avance jusqu’à l’arrivée. Avais-tu prévu cette échappée ?

« Oui. Vus mes très, très bons essais, c’était la première stratégie à adopter et quand j’étais derrière (Xavier) Siméon, qui était en tête de la course au moins pour les deux premiers tours, je voyais que j’étais plus rapide que lui. Quand je suis passé, j’ai bien pris mes repères et ça m’a permis de creuser l’écart. Il y a par contre eu une phase de course difficile et assez longue, où l’écart était d’environ d’une seconde et demie et durant laquelle je n’arrivais plus à reprendre de l’avance. Ce n’était pas facile de maintenir le cap, par peur de faire une erreur ou de me faire rattraper mais finalement, à trois ou quatre tours de la fin, celui qui était derrière a lâché prise parce qu’il commençait à trop glisser et ça m’a permis d’avoir deux puis trois secondes d’avance. Je restais concentré mais je pouvais quand même être plus relâché. »

Tu te retrouves donc en tête du Championnat du Monde Moto2™ pour la première fois à l’issue des trois premières courses de la saison. Quel est ton point de vue sur ta situation ?

« C’est une bonne chose. Cette année, l’objectif c’est le titre. C’est donc bien d’être en tête du Championnat. On avait vu que c’était possible dès les tests si je pouvais bien utiliser mon expérience et celle de l’équipe d'Ajo, qui a l’habitude de jouer les titres, de bien ‘driver’ l’équipe et de trouver les bons mots. C’est le but et c’est donc très bien d’être dans cette position actuellement. Par contre ça ne change pas mon état d’esprit pour les prochains Grands Prix. Que je sois 2e, 3e ou peut-être même 8e comme au Qatar, pas d’affolement et on va essayer de donner le meilleur sur chaque course. »

S’il te manquait peut-être un petit quelque chose pour aller chercher la victoire l’an dernier, on a l’impression que tu as un déclic cette année, que tu commences en jouant la victoire à toutes les courses. Quels sont d’après toi les facteurs qui expliquent le mieux ta progression continue depuis tes débuts en Grand Prix en 2009 ?

« L’expérience. Depuis 2009 c’est l’expérience qui me permet de progresser, avec aussi de l’entraînement et de la méthode pour comprendre ce que je fais en piste. Le cap qu’on a passé entre 2014 et 2015, il est aussi dû à la moto, qui permet de plus facilement se concentrer sur le pilotage. En étant moins stressé sur la moto, je suis plus à l’écoute des conseils de Laurent, qui peut m’aider en m’observant en bord de piste, ou de l’équipe quand elle choisit un réglage. Je suis beaucoup plus ouvert pour accepter les changements, les essayer et donner mon avis. Cette facilité à piloter me permet d’être beaucoup plus relâché dans ma conduite. »

Qui vois-tu comme les adversaires les plus redoutables pour la suite de la saison ? Sam Lowes a été très compétitif, Tito Rabat n’a pas eu le début de saison qu’il espérait puis il y a la surprise Álex Rins, qui est ton premier poursuivant dans le classement général…

« Il ne faut jamais sous-estimer Rabat vu le rythme qu’il avait l’an dernier. Par contre la surprise, c’est Rins puis Sam Lowes, qui est le seul qui n’est pas sur Kalex. On disait qu’on ne pouvait pas gagner sans Kalex mais lui il est sur Speed Up et il a gagné. Donc respect à lui. Vue la façon dont il attaque et les tests qu’il avait faits à Jerez, il peut être là pour le prochain Grand Prix et sans doute pour beaucoup d’autres. Donc méfiance, pour Rins aussi mais peut-être plus que les autres parce vue son évolution, on dit qu’il va continuer à progresser et s’il progresse encore, il pourrait devenir dur à battre. À moi de réussir à progresser durant cette année afin de conserver l’avance que j’ai actuellement. »

La semaine prochaine tu seras à Jerez pour le prochain Grand Prix, que tu aborderas donc de la même manière que toutes les autres courses même si tu viens de remporter ta première victoire…

« Exactement. Il faudra faire du bon travail le vendredi, se sentir bien sur la moto et se faire plaisir en piste. Après les essais et les qualifications, qui j’espère se passeront bien, que ce soit sur le sec ou sous la pluie, il faudra être parmi les prétendants à la victoire et bien analyser la situation parce qu’on ne peut jamais faire la course avant le départ et que ce n’est jamais bien de se la faire dans la tête. Il faudra savoir prendre les bonnes décisions aux bons moments et ce sont la sérénité et l’expérience qui me permettront de le faire pour réaliser une bonne course. »

Tags:
Moto2, 2015, GRAN PREMIO RED BULL DE LA REPÚBLICA ARGENTINA, RAC, Johann Zarco, Ajo Motorsport

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