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Capirossi, le surgé du MotoGP

Capirossi, le surgé du MotoGP

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Par Michel Turco - Photo: Jean-Aignan Museau

Depuis qu’il a raccroché son cuir, à la fin de la saison 2011, Loris Capirossi poursuit sa carrière en MotoGP dans un rôle de surveillant général en charge de la sécurité des pilotes. Un costume qui lui va comme un gant.

Pour de nombreux pilotes, la fin de la carrière sportive débouche sur une longue descente pavée de doutes et de cauchemars. Même pour ceux qui l’ont programmée et s’y sont préparés, cette période de transition s’avère très souvent très difficile à gérer.

Loris Capirossi a échappé à cette petite mort. Malgré une carrière en Grands Prix pourtant riche et longue de plus de vingt saisons, de vingt-neuf victoires et de trois titres de champion du monde, l’Italien s’est glissé dans sa vie d’après comme si de rien n’était. « Quand j’ai raccroché mon cuir, je savais que j’étais allé au bout de l’histoire, analyse-t-il. Je n’avais ni regret ni frustration. Il était temps pour moi de passer à autre chose. »

Cette autre chose, c’est Carmelo Ezpeleta qui le lui propose avant même qu’il ait remisé son habit de lumière. Le promoteur du Championnat MotoGP lui offre en effet un job au sein du collège de la Direction de Course pour superviser les problèmes de sécurité en faisant l’interface avec les pilotes. « En gros, on m’a demandé d’épauler Franco Uncini, qui est lui de longue date responsable de la sécurité en tant que membre de la FIM. »

Payé par Dorna Sports, Capirossi a vite trouvé sa place dans l’organigramme de la Direction de Course. « Il a pris ses fonctions comme s’il avait toujours fait ça, témoigne Uncini. On se fréquentait depuis longtemps puisqu’il était représentant des pilotes quand il courait, mais en le côtoyant au quotidien, j’ai découvert un type encore plus sympa que ce que j’imaginais. Travailler avec lui, c’est vraiment du bonheur. C’est quelqu’un de généreux et de droit. Depuis qu’il est près de moi, je suis beaucoup plus relax. À deux, c’est plus facile d’analyser les situations sur la piste, on sait qu’on peut compter l’un sur l’autre, la pression est moins forte. En plus Loris est plus jeune que moi, il connaît mieux les motos d’aujourd’hui. Et forcément, il est aussi plus proche des pilotes puisqu’il a couru avec nombre d’entre eux. »

S’il dit s’être préparé à tourner la page, Loris affirme aussi que son nouveau boulot l’éclate. Son job sur les circuits démarre le jeudi par une première inspection de la piste en vue de son homologation FIM. « J’assiste Franco dans cette mission, raconte Loris. On vérifie que nos doléances ont été respectées. On contrôle l’état du revêtement, des bandes blanches, des vibreurs, des dégagements… On s’assure que les protections sont en place. Chaque année, on demande aux organisateurs des améliorations. Franco vient généralement un mois avant le Grand Prix pour un premier contrôle afin d’anticiper le moindre problème. »

Vendredi matin, premier jour des essais, Loris se pointe au bureau mis à sa disposition par les organisateurs du Grand Prix sur le coup de 7h30. Une heure plus tard, il prend le volant de la BMW de la Direction de Course pour une nouvelle inspection de la piste. Cette fois, l’objectif est de s’assurer que les commissaires sont bien en place et qu’il ne leur manque aucun drapeau. « Pour chaque circuit du calendrier, on fixe un nombre minimum de commissaires, détaille l’Italien. On a des statistiques sur les chutes virage par virage afin de pouvoir optimiser leur travail. Dans certains virages, on aura deux ou trois commissaires. Dans d’autres, il en faudra une dizaine. Idem pour la vingtaine de médecins répartis autour du circuit. » L’inspection terminée, Loris rejoint ensuite le PC de la Direction de Course où il s’installe pour la journée avec les autres membres qui la composent. « De là, on peut suivre tout ce qui se passe sur le circuit. On a sous nos yeux les caméras de la production télé, et celles du réseau interne du circuit. » 

En cas de mauvais geste ou de conduite irresponsable, voire dangereuse, la Direction de Course a le choix d’infliger au pilote incriminé une pénalité sur son permis à points, ou une amende. « Quand il n’y a ni amende ni pénalité mais simple carton jaune, on peut convoquer les pilotes, détaille Loris. Mais très souvent, on accélère la manœuvre en m’envoyant leur remonter les bretelles. Certains, comme Márquez, n’ont pas besoin que je leur parle. Quand ils me voient arriver, ils savent très bien pourquoi je suis là. »

Bien évidemment, Capirossi est souvent rattrapé par son passé. Tout le monde, même chez les plus jeunes, a entendu parler du tempérament qui était le sien quand il jouait la victoire en Grand Prix. Quant à son attaque suicide sur Tetsuya Harada au Grand Prix d’Argentine 1998, elle fait aujourd’hui partie du patrimoine de l’histoire du Championnat du Monde. « C’est un argument que j’entends souvent de la part de ceux qui veulent m’amadouer, s’amuse l’ancien Champion du Monde. Mais comme je leur dis toujours, il y a des choses qu’on pouvait faire dans le passé qui ne sont plus aujourd’hui d’actualité. Dans les années 80, on courait encore à Rijeka. Personne aujourd’hui ne pourrait imaginer prendre le départ d’une course sur un circuit aussi dangereux. La vie change, les Grands Prix aussi. »

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Tags:
MotoGP, 2015

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