Nouveau sur motogp.com ?Inscrivez-vous ici

Achat de billets
Achat VidéoPass

Les Rois du comeback

Les Rois du comeback

Dans des circonstances différentes, Valentino Rossi et Brad Binder ont assuré le show à Jerez en réalisant d’incroyables comebacks.

Malheureusement, les chutes font inévitablement partie de la carrière des pilotes de Grand Prix. Tous les pilotes chutent, des plus talentueux et des plus expérimentés à ceux qui le sont le moins. Revenir d’une chute est une étape importante pour tout pilote MotoGP™ et la plupart ont une incroyable capacité à revenir au garage pour repartir en piste et rouler encore plus vite. C’est exactement ce que Valentino Rossi a fait à Jerez de la Frontera.

Deux semaines plus tôt, à Austin, l’Italien était tombé en course pour la première fois en plus d’un an, un incident qui, après un difficile début de saison, était venu installer le doute quant à sa capacité à se montrer aussi compétitif qu’en 2015. Mais à Jerez, Rossi s’est relancé comme jamais auparavant, remportant la victoire la plus claire de sa carrière et faisant taire doutes et critiques. Mais ce n’était pas la première que Rossi, qui compte désormais 113 victoires en Grand Prix, s’imposait après avoir chuté lors de la course précédente.

Ses fans n’oublieront jamais le casque qu’il avait porté au GP de Saint-Marin de 2009. Tombé à Indianapolis avant sa course à domicile, l’Italien avait décidé de tourner la page sur une note d’autodérision et avait demandé à Aldo Drudi de lui préparer un casque avec un âne dessus, symbole d’une erreur bête qui avait provoqué son premier abandon depuis 2007. 

S’il n’avait pas de casque spécial à Jerez, Rossi a eu la même réaction qu’à Misano et a tout simplement excellé afin de s’imposer depuis la pole position et de se relancer au Championnat. Mais en Espagne, Rossi a aussi dévoilé de nouveaux talents.

Devancé par Jorge Lorenzo pendant un très bref instant au départ, l’Italien a en effet, pour la première fois de sa carrière, fini chaque tour de la course en première position après être parti de la pole. Une première pour Rossi, qui n’a pas hésité une seconde à s’échapper pour ensuite tranquillement géré son avance sur son coéquipier, réputé pour ce genre d’échappées en solitaire. De quoi relancer la lutte pour le titre mondial puisque Rossi et Lorenzo réalisaient le doublé devant Marc Márquez suite à ce que ce dernier ait remporté les deux courses précédentes. 

En finissant troisième, Márquez démontrait cependant qu’il était plus près que jamais à se battre pour le titre mondial. Un ou deux ans plus tôt, beaucoup auraient été surpris de voir le jeune Espagnol se contenter de la troisième place, sans tenter une impossible remontée sur les pilotes Yamaha. Au lieu de ça, Márquez a une fois de plus prouvé qu’il avait muri et a marqué de très importants points afin de conserver son statut de leader du Championnat du Monde au terme d’une course difficile, sur un circuit qu’il avait identifié comme l’un des pièges du calendrier. Seul pilote à être monté sur le podium à chacune des quatre premières courses de la saison, Márquez mise désormais sur la régularité, une arme que Rossi et Lorenzo ont su manier avec brio pour remporter quelques-uns des trophées les plus importants de leur carrière.

Le retour de Rossi au sommet du podium fut un grand évènement mais la performance du jour a très clairement été l’oeuvre de Brad Binder en Moto3™. Pénalisé et contraint à partir en dernière position suite à l’utilisation d’un logiciel ECU non-homologué le samedi, le pilote du team Red Bull KTM Ajo pouvait s’attendre à l’une des courses les plus compliquées de sa carrière.

Que pouvait-il faire en partant 35e, à l’arrière d’une grille de jeunes talents tous plus agressifs les uns que les autres ? Avant lui, Marc Márquez avait réussi l’incroyable exploit de s’imposer en partant dernier à deux reprises, au GP du Portugal de 2010 suite à une chute puis en Moto2™ à Valence en 2012, où il avait été pénalisé. Márquez avait à chaque fois produit une performance hors-norme, laissant entrevoir l’immensité de son talent.

À Jerez,  au lieu d’essayer de finir dans les points et de limiter la casse, Binder a brillé à chaque virage, passant ses adversaires un à un, même les pilotes les plus expérimentés de la catégorie, jusqu’à se retrouver en tête de la course.

Il décrochait d’une manière incroyable sa toute première victoire en Grand Prix mais aussi la première de son pays en catégorie 125cc/Moto3™, 35 ans après la dernière victoire sud-africaine (Jonnie Ekerold - 350cc - Monza). Que se serait-il passé s’il était parti en première ligne ? S’il est impossible de répondre à cette question, il est cependant certain que des quelques pilotes qui ont eu la chance de goûter à la victoire en Grand Prix, aucun autre n’avait remporté son premier succès en partant dernier.

De nombreux pilotes ont leurs surnoms écrits à l’arrière de leurs combinaisons, au bas du dos. Rossi a ‘The Doctor’, Andrea Iannone est quant à lui ‘The Maniac’. Binder a pour l’instant écrit sur la sienne ‘Bradical’ mais ‘Comeback King’ lui siérait beaucoup mieux après Jerez.

Tags:
MotoGP, 2016, GRAN PREMIO RED BULL DE ESPAÑA, Valentino Rossi, Brad Binder, Movistar Yamaha MotoGP, Red Bull KTM Ajo

Suivre ce sujet ›

Autres contenus qui peuvent vous intéresser ›