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23 jours ago
By motogp.com

Paroles d'un Champion : Nicky Hayden revient sur…

Hayden avait accordé une interview en 2016 au site motogp.com où il abordait différents sujets parmi lesquels…

Son premier souvenir à moto :
« On me pose souvent cette question et à vrai dire je ne sais pas, car je n’ai pas le souvenir d’une vie avant la moto. Je rampais et j’étais déjà à proximité d’une moto. Mon père courait, ma mère s’y était mise aussi, car ce dernier ‘avait besoin d’une femme rapide, pour concevoir des bébés qui l’étaient tout autant’. Il venait du Kentucky, où les courses de chevaux sont populaires et la descendance importante. Donc ma mère et mon père ont tous deux couru, mon frère aîné également. »

Sa vision de la course :
« Courir à moto est un véritable style de vie pour moi. C’est ce que je connais, ce que j’ai toujours fait, tout comme ma famille, mes amis. C’est bien plus qu’un travail, c’est une passion. Les motos sont un art de vivre selon moi. »

Ses débuts en dirt-track :
« J’ai effectivement commencé en Dirt Track. C’est ce que mon père faisait de mieux en Amérique. Mais il n’y avait pas beaucoup d’opportunités dans cette discipline. Peu de pilotes étaient rémunérés et il n’y en avait que deux par usine. L’idole de mon père a toujours été Kenny Roberts. Il faisait partie de ceux qui avaient commencé en Dirt Track avant de rejoindre la vitesse. Au regard de ce qu’il a accompli, nous pensions qu’il fallait essayer pour nous ouvrir plus de portes, obtenir plus de soutien et de personnes derrière nous. Nous avons donc tenté. J’aime le Dirt Track, mais j’ai immédiatement pris goût à la vitesse, surtout parce que les circuits sont plus longs, qu’il y davantage de paramètres, de dénivelés, de courbes à gauche ou à droite. La pluie était ce que j’aimais le plus. En Dirt Track, lorsqu’il pleut, vous ne roulez pas et enfant, je détestais les averses. Vous étiez tellement impatients… faire demi-tour pour rentrer à la maison était un supplice. J’ai instantanément adoré la vitesse. J’y suis allé et cela s’est avéré la bonne décision. »

Ses souvenirs d’enfance :
« Enfant, j’étais vraiment désireux. C’était tout ce que je voulais. Je n’ai jamais dit « Quand je serai plus grand, je veux être astronaute ou président. » Je n’ai jamais eu ce genre de rêves. Je voulais être pilote de Grand Prix. Parfois, les gens demandent à mon père ‘Avez-vous dû l’entraîner ?’ À quoi il répond : ‘Non, j’ai dû l’obliger à faire ses devoirs et à se brosser les dents, mais jamais de rouler à moto.’ C’était de l’amour et j’aime toujours ça. »

Ses secrets de vitesse :
« Je ne sais pas s’il y a un secret pour piloter ces motos à un si haut niveau. Bien sûr, cela requiert du talent, mais également une certaine mentalité pour persévérer et repousser sans cesse ses limites. En devenant plus âgé, j’ai pris conscience que ça ne venait pas seulement du pilote ou de ce que vous faites en piste. Il faut aussi avoir la bonne équipe derrière vous, le bon matériel et ces ingénieurs qui vous assistent afin de vous aider à accomplir au mieux votre travail. Il y en a bien plus de personnes qu’il y paraît en coulisses. »

L’association pilote / moto :
« Je pense que c’est la vérité. C’est comme une danse. Vous devez travailler à l’unisson, danser ensemble. Si vous vous battez constamment contre la moto, vous ne serez pas rapide. Lorsque vous l’êtes, vous bougez avec la machine suivant un mouvement unique.
Je dirais que lorsque vous êtes rapides à moto, vous êtes dans une sorte de zone. Vous atteignez des vitesses proches de 350 km/h, lesquelles doivent devenir une habitude, naturelles, instinctives, un réflexe, car vous n’avez pas le temps de songer. À cette vitesse, si vous devez penser à vos gestes, il est déjà trop tard. Vous avez déjà raté votre point de freinage, d’accélération, où vous deviez passer un rapport. Je pense que de commencer jeune aide, car cela devient vite naturel. »

Son arrivée en MotoGP™ :
« Mon passage en MotoGP™ fut assez énorme. Je venais du AMA et d’une grande famille du Kentucky. J’ai grandi en partageant ma chambre avec mon frère. Je m’en souviens maintenant, car j’étais tellement perdu. J’étais simplement un enfant qui portait le Dirt Track dans son cœur et on m’a jeté en eaux profondes ; j’avais beaucoup à apprendre. Pour être honnête, l’étape fut plus grande que ce à quoi je m’attendais. Je n’ai pas seulement dû apprendre la nouvelle moto, l’équipe et la course, mais j’ai aussi dû m’habituer aux voyages, à une nouvelle culture. Ce n’était vraiment pas évident au début. Par chance, je disposais d’une bonne moto, ce qui m’a beaucoup aidé. J’ai décroché de bons résultats et remporté le titre de Rookie of The Year en 2003 après avoir battu (Troy) Bayliss, Colin (Edwards) ainsi que de nombreux autres pilotes talentueux. La courbe d’apprentissage était abrupte, mais j’y suis arrivé pour garder le cap.

Le fait d’être Américain :
« Je ne dirais pas que c’est plus compliqué pour les Américains. Bien sûr, être Américain aide parfois. Je pense que c’est difficile pour tous ceux qui viennent d’en dehors de l’Europe, à l’image des Australiens ou des Américains, car c’est loin de chez eux ; ça l’est bien plus que de devoir apprendre. Les circuits sont totalement différents de ceux que nous avons aux États-Unis, lesquels sont surtout conçus pour les voitures. Certains sont construits au sein même d’anneaux de vitesse, comme à Daytona. Ils sont plus étroits et offrent des courbes que vous ne pouvez pas emprunter. Je devais assimiler plus qu’un simple tracé ; je devais apprendre un nouveau style de circuit. »

Sa première victoire en MotoGP™ :
« C’était comme un rêve pour moi, car tout avait parfaitement fonctionné. La course ne se déroule jamais comme dans un rêve. Habituellement, durant un week-end, vous travaillez, vous essayez des choses sur la moto. Elle est peut-être un peu meilleure au freinage, mais elle l’est beaucoup moins en sortie de courbe... c’est un compromis. Mais cette semaine-là, tout avait été idéal. La machine, dès la première séance, s’est bien comportée. Tous les changements que nous avions apportés nous avait permis d’être meilleurs. Les chronos tombaient. Je me souviens d’avoir été en tête et d’avoir été distrait en sortant du virage n°3 à un moment donné… Durant la course, j’ai commencé à regarder la tour alors que je devais rester concentré. Mon esprit s’est détendu. J’ai vu qui occupait les deuxième et troisième places. Au final j’étais reparti avec pole position, meilleur tour et victoire... L’hymne national, le fait d’avoir pu rouler avec mon père : c’était comme conte de fées. Ce jour-là, je me sentais imbattable. »

L’année de son titre :
« En 2006, la course à Laguna Seca fut diamétralement opposée à celle de ma victoire. Tout était difficile durant ce week-end. Je ressentais beaucoup de pression. Je m’étais qualifié sixième dans des températures très élevées, lesquelles avaient atteint des records cette année-là. Je ne pouvais pas être plus rapide alors que la saison d’avant je pouvais rouler 3, 4 voire 5 secondes plus vite, si nécessaire. Ce dont je me souviens de cette année, c’est ma sortie du dernier virage à Valence durant laquelle mon rêve d’être Champion du Monde au plus haut niveau devenait réalité. C’était très spécial. »

La course de Valence 2006 :
« Au Portugal, quand je me suis retrouvé dans le bac à gravier, j’ai vraiment eu l’impression que je venais de perdre toute chance d’être Champion du Monde. Mais dans une vie, vous ne savez pas combien de fois cette opportunité se présentera, alors je me suis immédiatement ressaisi et une heure après la course, j’ai commencé à penser à Valence. En analysant les points, j’ai réalisé qu’il y avait encore une possibilité mathématique. Je savais que Valence était un circuit assez court, que plein de pilotes allaient être rapides là-bas. Ça n’était peut-être pas le meilleur tracé pour Valentino à cette époque. Et quelque part, aussi fou que ça puisse paraître, j’ai toujours su que j’allais devenir Champion du Monde. Arrivé à Valence, j’avais 11 points de retard sur le plus grand pilote de tous les temps, et mon épaule blessée jouait en sa faveur. Peu de personnes en dehors de mon team et de ma famille avait cru en moi, et c’était pour cette raison que j’étais persuadé que cette année serait la mienne. Quand je repense aux fumigènes jaunes, je rigole, à croire que j’étais donné perdant. Être sur le podium à ce moment là était vraiment quelque chose d’incroyable pour moi. C’était un peu comme si ensemble, avec ma famille, nous avions atteint un but, car mes parents, mes sœurs et mes frères ont fait beaucoup de sacrifices pour me permettre d’en arriver là, dès le plus jeune âge. »   

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