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19 jours ago
By motogp.com

Goubert : « Nous sommes à l'écoute de tous les pilotes »

Nicolas Goubert revient sur les progrès accomplis par le manufacturier français depuis son retour la saison dernière.

Il y a près d'un an jour pour jour, Michelin faisait son retour officiel au sein du paddock MotoGP™. Dès la première épreuve au Qatar, Jorge Lorenzo s'était immédiatement illustré avec ses pneus Michelin, battant le temps de course de l'édition de précédente.

D'autres records ont été pulvérisés au cours de la saison et pour Nicolas Goubert ce retour en catégorie reine est plus que positif. Et la firme de Clermont-Ferrand n'entend pas s'arrêter en si bon chemin. motogp.com s'est entretenu avec le Directeur Technique chez Michelin. Lequel dresse un bilan des faits marquants de la saison 2017 et évoque les nouveautés à venir pour cette nouvelle campagne qui vient tout juste de commencer. 

Des hauts, mais aussi des bas, quel bilan dressez-vous de cette année passée ?
« Nous tirons un bilan très positif. Nous revenions après sept années d'absence, ce n'était pas rien. Nous nous sommes bien préparés et cela s'est vu dès le Qatar où nous avions battu tous les records, notamment le temps de course ; une prestation que nous sommes arrivés à rééditer à quatre reprises durant la saison. Très souvent, les gens se concentrent davantage sur le chrono des qualifications, car c'est le plus spectaculaire, mais l'indicateur qui représente le mieux les performances pneumatiques est le temps de course. Cela dépend bien sûr des conditions. Il y a eu quelques situations plus délicates et nous nous y attendions : de nombreux circuits avaient changé, d'autres avaient fait leur apparition au calendrier, ou encore le revêtement était nouveau, voire usé pour certains. » 

Comment avez-vous préparé votre retour en MotoGP™ ?
« Avant le début de la saison 2016, il s'agissait de trouver une monte avant et arrière qui donnait satisfaction aux pilotes. Tout au long de l'année, la difficulté résidait dans le fait de trouver les bons centrages — tomber dans la fenêtre de fonctionnement de la gomme — en fonction des circuits et des conditions météo. C'est dans ces moments-là que le manque d'expérience peut se révéler critique puisque nous avions pris le soin de faire des essais un peu partout, mais les conditions n'étaient pas tout le temps au rendez-vous. » 

Quels ont été les principaux faits marquants ou points à retenir ?
« Il y a eu quelques faits marquants à commencer par le Grand Prix d'Argentine. Nous avons rencontré un problème durant la quatrième séance d'essais libres et nous n'avons pas eu le 'temps matériel' de proposer de nouvelles solutions aux équipes. Il a plu le lendemain au warm up et nous avons pris la sage décision de couper la course en deux. Nous savions que nous avions une composition robuste puisque nous l'avons prouvé une semaine après à Austin où la course s'est déroulée sans encombre. Toutefois, il a fallu améliorer les performances de ce pneu pour revenir à un niveau équivalent à celui que nous avions au Qatar. Ce que nous sommes parvenus à faire en très peu de temps, preuve en est nous avons battu le record du temps en qualifications au Mans et amélioré le temps de course au Mugello. » 

« Concernant le pneu pluie, nous étions confiants pour notre première fois sur le mouillé à Assen, qui plus est compte tenu des retours que nous avaient faits les pilotes au warm up du Grand Prix d'Argentine et des essais que nous avions réalisés après le Grand Prix de République Tchèque en 2015. Seulement, l'adhérence du tracé avait complètement changé en comparaison avec ce que nous avions en mémoire. Réservé pendant des années à la moto, le circuit a été ouvert à la compétition automobile très récemment. Le niveau de grip s'était détérioré et nous ne le savions pas. Nous avons réagi très vite puisqu'en Allemagne, nous avons rectifié le tir en proposant deux nouveaux pneus avant avec une gomme qui a donné satisfaction. Ces deux faits ont clairement montré au paddock ainsi qu'aux médias que nous pouvions réagir très vite. Tout le monde s'attendait à ce que nous rencontrions des difficultés, nous les premiers, mais nous avons fait en sorte de pouvoir les éviter et cela a fortement rassuré les pilotes. Parvenir à convaincre en écoutant les ressentis de chacun et en réagissant en conséquence fait partie des moments forts de la saison. Il y a très souvent le risque, quand vous êtes manufacturier unique en compétition, de participer uniquement pour l'image et de ne pas faire évoluer vos produits. C'est n'est pas du tout notre philosophie. »

« Un autre point positif de la saison concerne le dimensionnement des pneumatiques. Nous nous étions mis d'accord avec l'organisateur pour que les dimensions de pneus passent de 16.5 à 17" et soient les mêmes que les motos routières sportives. Forcément, beaucoup se sont interrogés sur notre capacité non seulement à proposer des pneus corrects, mais aussi à adapter les dimensions par rapport au manufacturier présent précédemment. Très rapidement, nous n'en avons plus parlé. »

« Le dernier point est aussi d'avoir eu autant de vainqueurs différents. Toutes ces victoires ne nous sont évidemment pas attribuables — conditions météo par exemple —, mais nous avons tout de même mis un point d'honneur à donner satisfaction au plus grand nombre. On sait que nous avons une adéquation à trouver entre le pilote et style de pilotage afin de pouvoir permettre aux pilotes de faire des choix différents. Bien sûr, il n'est pas possible de proposer un pneu par concurrent, mais l'objectif est d'écouter les requêtes de chacun pour adapter notre allocation en conséquence. D'ailleurs cette année, le règlement nous autorise désormais à proposer trois pneus avant et trois pneus arrière. »  

Quels moyens avez-vous dû mettre en place pour réagir aussi rapidement d'un Grand Prix à l'autre ?
« Beaucoup de personnes se déplacent sur un Grand Prix pour se mettre à l'écoute des pilotes. Derrière, nous avions mis des moyens en place à l'usine pour réagir dans l'éventualité où nous n'aurions pas anticipé quelque chose de la meilleure manière. »

Durant les Test de pré-saison, un nouveau pneu avant a fait son apparition, pouvez-vous nous en dire un peu plus ?
« Nous avons commencé à travailler sur ce pneu à partir de Brno avec l'objectif de le proposer au Qatar cette année. Le Championnat ayant été décidé avant Valence, de concert avec les équipes, nous nous sommes dit qu'il pourrait être intéressant de faire un test grandeur nature pendant un week-end de course. Nous avons donc amené deux pneus avec le profil 2016 et deux avec le profil 2017. 90% des pilotes ont opté pour ce nouveau pneu montrant ainsi que nous avions avancé dans la bonne direction. Durant les Test Officiels, nous avons donc continué à travailler avec ce nouveau profil — forme extérieure du pneu — tout en faisant évoluer d'une part les architectures — squelette du pneu — et d'autre part les gommes — recouvrant la carcasse. Ce pneu a été développé de telle sorte à donner plus de confiance aux pilotes sur un angle maxi. » 

Certains se sont pourtant plaints durant l'hiver ainsi qu'au #QatarGP, comment l'expliquez-vous ?
« Après Valence, les pilotes étaient unanimes. Nous avons continué à faire évoluer les gommes et l'architecture et c'est à partir de ce moment que certains ont protesté. Nous avons donc prêté une oreille attentive aux concurrents qui se plaignaient de ce pneu. Le Qatar reste un Grand Prix particulier avec des conditions très différentes et où les pilotes n'ont pas encore tous trouvé les réglages optimums. Nous ne voulons pas tirer de conclusions trop hâtives, mais nous allons suivre de près l'évolution de la perception des pilotes. » 

Cette année, les pilotes du MotoGP™ avaient la possibilité de rouler sur piste mouillée à Losail. Le pneu pluie n'ayant pas été essayé sur ce tracé, appréhendiez-vous les retours des pilotes ?
« Sur la performance du pneu pluie au Qatar en lui-même, nous n'étions pas inquiets. Tout comme l'organisateur et les pilotes, nous étions plus inquiets des conditions globales. Dans tous les cas, le circuit ne permettait pas de rouler sous la pluie. L'eau peinait à s'évacuer et la bonne décision a été prise. » 

Michelin prépare une séance d'essais privés entre Austin et Jerez pour développer le pneu pluie, comment cela va-t-il se matérialiser ?
« Nous avons loué la piste et invité toutes les équipes du plateau. Nous allons arroser la piste avec des camions-citernes pour avoir une piste mouillée en permanence. Les pilotes rouleront par séances de dix minutes le temps d'évaluer la performance d'un pneu puis retourneront à leur box. Les camions prennent alors le relais pour humidifier le tracé de nouveau. Pour progresser dans ces conditions, il faut rouler sur le mouillé, c'est aussi simple que ça. Le mieux est donc de faire un test analytique et d'en maîtriser les conditions. De même, il est important de pouvoir inviter des pilotes dans un contexte différent d'un week-end de course. » 

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Le pneu intermédiaire n'est désormais plus disponible à l'allocation, son développement est-il donc bel et bien terminé ?
« Nous avons réussi à prouver avec les pilotes que nous arrivions à faire la jonction entre le pneu slick et le pneu pluie. La saison dernière, nous nous sommes souvent retrouvés dans des situations avec des pilotes à la fois en slicks, en intermédiaires ou en pluie. Quand vous observez que le pneu pluie et le pneu slick coexistent, cela montre qu'il existe un lien. Dès lors, il n'y a plus d'intérêt à proposer les intermédiaires qui auraient quant à eux une fenêtre d'utilisation beaucoup plus étroite que le pneu pluie. » 

Quelles seront les prochaines évolutions proposées par Michelin en ce début de saison ?
« Outre le pneu avant, il y a de nouveaux pneus arrière avec une nouvelle structure qui offre plus de traction. Nous allons garder cette architecture sur le début de saison et nous allons voir ce que nous pourrons améliorer au fur et à mesure. »

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