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5 jours ago
By motogp.com

Si loin de chez soi, par Nick Harris

L’ex-commentateur du MotoGP™ évoque tous les sacrifices faits par ces Australiens pour se faire un nom parmi les meilleurs.

Derrière chaque victoire australienne, il y a quelque chose de spécial. Peut-être le fait de triompher aussi loin de leurs terres natales, les poussent à se dépasser encore plus. Les Grands Prix moto en sont un parfait exemple. Toutes ces difficultés qu’ils ont dû surmonter pour faire briller leur pays, en remportant des victoires ou des titres… C’est sans doute pour cette raison que leurs célébrations ne se font pas dans la demi-mesure. De Ken Kavanagh, premier pilote à avoir gagné sous ces couleurs en 1952 à cette victoire inscrite par Jack Miller (Ducati Lenovo Team) il y a dix jours ça à Jerez : on prend conscience de la signification réelle de tels succès et pas seulement à leur niveau !

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Les pilotes australiens ont toujours été prêts à fournir d’énormes sacrifices pour se mesurer aux plus grands et accomplir leurs rêves, car il n’était pas question de se contenter de regarder les courses depuis leur salon.

Imaginez-vous parcourir 22 000 kms pour rallier l’Europe où se tenait le tout premier Championnat du Monde : c’est exactement ce qu’auront fait Eric McPherson, Harry Hinton et George Morrison. Et ce ne sont pas les six jours de trajet à l’époque qui les auront effrayés ! À côté traverser cette mer d’Irlande aura dû leur sembler un jeu d’enfant. Par le passé, j’étais presque là à les envier, sauf qu’en réalité, ils vivaient dans la plus grande précarité. Malgré tout, il parvenait à s’en sortir.  

Cette troisième place signée par Harry Hinton au GP des Pays-Bas 1950 fut leur premier podium. Deux ans plus tard, Ken Kavanagh devenait le premier Australien à remporter une course, c’était en 350cc à Ulster. Keith Campbell ira pour sa part jusqu’à empocher la couronne dans cette même catégorie en 1957 : leur tout premier titre. Tom Phillis aura lui aussi marqué l’histoire en étant le premier à briller pour le compte d’Honda en 1961, au guidon d’une 125cc. Il sera sacré cette même année, puis perdra tragiquement la vie au TT.

Je me souviens avoir vécu succès de Barry Smith à l’Île de Man en 1968, du temps des 50cc, et avoir été envoûté par le style de Kel Carruthers. Je le revois encore sur sa quatre cylindre Benelli en train d’emprunter le légendaire Ballaugh Bridge. Kel Carruthers, qui deviendra par la suite comme une sorte de mentor pour des pilotes comme Kenny Roberts.

20 ans plus tard, j’assistais à l’arrivée de deux Australiens, qui allaient dominer la 500cc et changer le visage de ce sport. Wayne Gardner dormait à l’arrière de son Austin 1800 quand il débarquait en Angleterre en 1982 et en l’espace de cinq ans, il devenait le premier Australien auréolé en 500cc ; de quoi créer un soudain engouement pour la moto dans cette nation. Il y sera d’ailleurs élu sportif de l’année, devant le vainqueur de Wimbledon Pat Cash. Les télévisions locales se sont mises à diffuser les courses en direct et le Circuit de Phillip Island accueillait bientôt leur tout premier Grand Prix.

Mick Doohan reprenait le flambeau au début des années 90. Je n’oublierais jamais la façon dont il s’est battu après ce terrible accident survenu à Assen en 1992. Le natif de Brisbane a failli y laisser sa jambe. Il revenait à deux manches de la fin pour tenter de defender ses chances, en vain… Wayne Rainey sera titré pour quatre petits points. Mais ce n’était que partie remise, car le natif de Queensland allait s’avérer redoutable de 1994 à 1999. Une blessure l’obligera au bout du compte à se retirer.

#RacingTogether : Doohan, Gardner et la moto australienne

Quand j’ai réintégré le paddock à plein temps il y a 21 ans, j’ai aussi reçu un grand soutien de la part de Jack Findlay, qui travaillait alors pour l’IRTA. En 1971, Jack était devenu le premier pilote à remporter une épreuve de 500cc sur une machine deux-temps, c’était à Belfast avec Suzuki.

Garry McCoy et Chris Vermeulen avaient des styles très contrastés, mais ils auront fait perdurer cette tradition australiennes en catégorie reine. Il y a ensuite eu Casey Stoner. Ses parents ont tout vendu pour permettre à leur fils de conquérir le monde. Ils vivaient dans une caravane dans le Nord de l'Angleterre, mais leurs sacrifices seront récompensés. Casey était quelqu’un de différent. En 2007, il offrait à Ducati son premier titre mondial en catégorie reine. Quatre ans plus tard, il récidivait chez Honda et se retirait de la compétition pour profiter de son ranch en compagnie de sa famille.

Ce succès de Jack Miller constituait le 182e triomphe d’un Australien en Grands Prix. À ce jour, ils ne sont que trois à avoir décroché le graal dans la cour des grands. De quoi ouvrir peut-être la voie au n°43.

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