Achat de billets
Achat VidéoPass
News
19 jours ago
By Women in MotoGP™

Voyages et photos : les deux passions de Raffaella Gianolla

Deux passions auxquelles elle peut justement s’adonner à travers le paddock. Portrait de cette inconditionnelle photographe.

Comme chaque 8 du mois, nous vous proposons de découvrir certains visages féminins du paddock dans le cadre de notre série #WomenInMotoGP et cette fois, c’est au tour de Raffaella Gianolla de nous ouvrir les portes de son univers. Unique femme à exercer la profession de photographe professionnel, cette Italienne ne manque pas un seul Grand Prix. Mais au cours de sa carrière, Raffaella a un peu touché à tous les domaines : « Il faut toujours faire preuve de curiosité », commente-t-elle.

Son histoire commence, à la fin des années 90 dans sa ville natale de Venise. Raffaella y exerçait comme photographe archiviste auprès de l’Institut Universitaire d’Architecture ; un job d’appoint, qui lui permettait de s’adonner à une de sa passion hérité de son père, tout en s’ouvrant à l’architecture.

« Comme le salaire n’était pas mirobolant, j’ai commencé à créer des sites et c’est comme ça que je suis rentrée en contact avec des pilotes qui participaient à des Championnats locaux, avant de connaître des persones comme Gino Borsoi ou Lucio Cecchinello. » La moto n’était alors pas forcément une passion, mais cette dernière trouva de suite intéressant le fait de pouvoir se rendre sur les circuits. « J’ai commencé en gérant les pass de Lucio… Parfois je donnais aussi un coup de main à sa soeur en cuisine lors des week-ends de course. »

2003 marquera finalement un grand changement dans la vie de Raffaella. « Cette année-là, Gino m’a proposé un poste de coordinatrice au sein du team Globet Aprilia Racing. » Une offre alléchante à laquelle elle a tout de même dû réfléchir, car ça sous-entendait de quitter son CDI pour se lancer dans un monde où « tu dois perpétuellement te remettre en question, car à chaque fin d’année, tu dois faire en sorte de conserver ta place. » Autrement dit, il s’agissait de quitter un travail stable pour une toute nouvelle activité.

Mais cette occasion tombait à point nommé car Raffaella souhaitait justement dédier plus de temps à une autre de ses grandes passions, à savoir voyager ! « J’avais passé 16 années à travailler comme archiviste, enfermée entre quatre murs… J’avais besoin de quelque chose de différent. Certes, mon travail à l’université était extrêmement stimulant, j’étais en constamment en contact avec les professeurs les plus prestigieux d’Italie, mais j’avais cette terrible envie de voyager et de sortir de ces somptueux palaces pour partir explorer le monde. Du coup, j’ai immédiatement saisi cette opportunité. J’ai pu découvrir le paddock, son adrénaline et tous les jours, je continue d’apprendre de nouvelles choses, même après 18 ans ! »

Raffaella ne le savait pas encore, mais une nouvelle rencontre allait bientôt changer sa vie : « En 2006, un des sponsors avec qui on collaborait m’a présenté Mirco Lazzari, un très renommé photographe. Et quelques années plus tard, on fondait notre SRL, où je m’occupe depuis de la logistique, en plus du côté photos. »

C’est ainsi que Raffaella a transformé cette passion, qui l’accompagnait depuis sa tendre enfance, en un métier. Son objectif est aujourd’hui de capturer la poésie du paddock : « Pour moi, faire des photos consiste à transmettre des émotions et pas seulement quand les pilotes gagnent. Dans chacun de mes clichés, il y a de la tension, de la concentration, de l’adrénaline… et ce qui me plaît le plus, c’est quand j’arrive à saisir ces regards échangés entre un pilote et son chef mécanicien par exemple ! »

Chaque semaine, Raffaella raconte ainsi à sa façon la vie dans le paddock. Et quand on lui demande quel est son plus beau cliché, la réponse ne se fait pas attendre : « celui que je n’ai pas encore pris ! » Mais l’aspect humain et les relations qu’elle peut nouer à travers le paddock sont la partie la plus fascinante de son travail. « Des liens se créent avec les pilotes et certains membres d’équipe. Je pense que c’est important d’être doté de cette sensibilité, d’avoir de bons rapports avec eux, d’être toujours dans le respect, car ce sont des choses qu’ils perçoivent et quand ils le peuvent, ils t’ouvrent ‘leurs portes’. C’est comme ça qu’on obtient des photos parfois un peu différentes des autres. Mais avant tout, il faut apprendre à les connaître, pour savoir à quel moment vous pouvez vous permettre de les approcher. »

Son arrivée au sein du paddock fut néanmoins pleine de défis. « Par le passé, les femmes faisaient plus office de figuration, donc ce n’était pas forcément évident de se forger une personnalité et de se faire respecter. Mais aujourd’hui, c’est plus simple car nous sommes beaucoup plus nombreuses. » Une transformation qui selon elle été rendue possible grâce au mérite de certaines : « En tant que femme, je pense qu’on devait travailler le triple d’un homme. Désormais les mentalités ont évolué et cette différence est moins prononcée, aussi parce qu’en interne, il y a eu des gens qui leur ont fait confiance, qui ont compris ce dont elles pouvaient être capables. »

Alors justement aurait-elle un conseil à donner à ces filles qui souhaiteraient intégrer le paddock ? « De toujours croire en vous, d’écouter ce que vous dit votre cœur et de ne pas prêter attention aux potins. Je crois que c’est important de bien cerner vos points forts et de les développer, afin de pouvoir à un moment ou à un autre faire la différence. »

Regardez les courses en Direct ou OnDemand, et profitez avec le VidéoPass, de tout le contenu motogp.com, qu’il s’agisse d’interviews, de sujets techniques… ou encore d’épreuves historiques.