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14 jours ago
By motogp.com

« Ma vie a été conditionnée autour de la moto »

Ce mois-ci, motogp.com vous propose de faire la connaissance d’une femme à la fois pilote, photographe et journaliste : Nikolett Kovacs.

Les femmes du MotoGP™ sont unies autour de points communs que sont notamment, la détermination à poursuivre dans ce domaine et la capacité à réinventer de nouvelles professions pour devenir des piliers de ce paddock. Ce mois-ci, nous vous faisons découvrir Nikolett Kovacs qui, outre le fait d’avoir été pilote professionnelle, exerce les métiers de journaliste, photographe et press officer.

Tout est en fait venu de ses parents, qui étaient champions nationaux de rallye en 1978 : « J’ai toujours baigné dans les sports mécaniques, déclare-t-elle - tout en précisant avoir obtenu sa première moto électrique à 1 an et demi. Aujourd’hui, c’est quelque chose de ‘normal’, mais dans les années 80, il faut savoir que j’étais une vraie privilégiée. Et puis à quatre ans, j’ai eu ma première minimoto. » La petite Niki ne l’a dès lors plus jamais lâchée… « Ma mère a commencé à organiser des courses destinées aux enfants. Il y avait bien quelques filles, mais on n’était pas très nombreuses. On n’avait donc pas d’autres choix que de se confronter aux garçons, » ajoute-t-elle.

Nikolett continuera ainsi plusieurs années jusqu’à atteindre le championnat hongrois de 125cc, une catégorie mixte où elle signera son premier podium en 2005. Mieux encore, elle allait disputer deux ans plus tard sa toute première wildcard en mondial, dans le cadre du GP de Turquie. À ce jour, celle reste d’ailleurs la seule Hongroise à avoir eu une telle opportunité.

Malheureusement, son budget n’était pas suffisant pour lui permettre d’évoluer. En revanche, il ne faisait aucun doute que sa place était dans ce monde : « Chacune de mes décisions dans la vie a été conditionnée par la moto. Pour moi, il était hors de question de renoncer à cette passion, j’ai grandi avec, » affirme-t-elle. Malgré tout, un regret demeure : « Brno c’est un peu comme l’épreuve nationale des hongrois. Mais je n’ai jamais pu la disputer. » En 2008, Niki a participé au Superstock600, dans une catégorie mixte et au Championnat d’Europe féminin, où elle se classera troisième. L’aventure a ensuite continué en 2011, avec cette équipe 100% féminine qu’elle a elle-même constitué pour courir l’ultime épreuve de l’EWC sous forme de wildcard. Accompagnée de Nina Prinz et de Paolo Cazzola, ces dernières termineront sixième du Superstock 1000.

Ayant par eu l’opportunité d’aller sur différents circuits pour assister à des Grands Prix, Nikolett savait qu’il y avait un moyen d’intégrer le milieu. « En 2004, j’ai commencé à travailler comme freelance pour des journaux de la presse spécialisée hongroise. Ça n’a pas été très difficile à imposer ma légitimité dans la mesure où ils me connaissaient déjà en tant que pilote, reconnaît-elle. C’est comme ça que j’ai mis le pied à l’étrier. »

Et c’est en débutant sa carrière de journaliste qu’elle a pris conscience du type de récit qu’elle souhaitait raconter. « C’était un privilège de faire partie de ce paddock, alors je me suis lancée dans un projet pour montrer ce que les gens ne voient pas forcément. De là est né ‘MotoGP™ de A à Z’, un livre où on dévoile avec une collège les aspects les moins connus du MotoGP™. Mais en travaillant sur ce projet, je me suis rendue compte que je n’avais pas beaucoup de photos à ma disposition, que ça soit des mères, des copines ou des amis des pilotes, de la vie de ceux qui passent le plus clair de leur temps à voyager aux quatre coins de la planète. En 2010, les réseaux sociaux n’étaient pas aussi développés, on ne trouvait pas forcément ce qu’on voulait. Du coup, j’ai entrepris de faire des études pour réaliser mes propres photos, tout en bénéficiant du soutien des plus expérimentés sur le terrain. »

Et c’est précisément cette nouvelle vocation qui lui permettra de développer un certain raffinement derrière l’objectif. « Avec le temps, je recevais de plus en plus de compliments. À vrai dire, je pense qu’une femme apporte une touche de sensibilité qui échappe parfois aux hommes. » D’ailleurs, la jeune femme allait être récompensée en fin d’année dans le cadre d’un concours photos organisé par Bridgestone ; cette photo prise au moment du sacre de Jorge Lorenzo lui ayant permis de faire la différence.

Bien qu’elle se soit faite une place au sein du paddock, Niki n’a jamais abandonné la compétition. En 2013, elle prenait d’ailleurs part à un événement sur la piste de Losail, parallèlement à ses activités de photographe et de journaliste. « La fédération qatarie avait organisé une course, explique-t-elle. À la fin du week-end, j’étais exténuée… »

Niki aura aussi l’opportunité d’exercer pour SpilerTV, diffuseur des courses en Hongrie il fut une époque ; une expérience, qui l’a toujours fascinée et ses connaissances pour les langues se seront avérées un véritable atout : « J’ai eu la chance d’étudier l’anglais, l’espagnol et l’italien étant plus jeune […] Arrivée au Qatar cette année, comme peu de personne avait pu faire le déplacement, j’ai entrepris de faire des vidéos sur YouTube en anglais. » Et ce repos forcé lui aura permis d’apprendre à éditer des clips. Résultat, sa chaîne dépasse aujourd’hui les 8000 abonnés.

Même si elle a officié en tant que social media manager pour la filière hongroise de Yamaha et a de nombreuses collaborations à son actif, aujourd’hui encore, Niki est très reconnaissante de ce qu’il lui arrive : « Je suis toujours autant excité quand j’arrive sur un circuit. Je ressens l’émotion de ma première venue sur un paddock et j’ai bien conscience que rien n’est acquis. » En tant que freelance, Niki ne se déplace d’ailleurs pas sur toutes les courses : « J’assiste environ à la moitié des courses. Quand je suis sur place, j’en profite pour faire les interviews et les photos… Sinon le reste du temps je fais mes textes. Quoi qu’il en soit je suis fière de travailler pour le Nemzeti Sport online, le site de sport référence en Hongrie. »

Et puis pour elle, c’est également une satisfaction de voir les pilotes évoluer : « J’ai interviewé pour la première fois Marc en 2010, avant qu’il gagne son premier titre. C’était un enfant, il courait dans le team d’Aki Ajo. Je me souviens lui avoir demandé s’il avait une petite amie, il avait rougi et s’était tourné vers Aki pour savoir ce qu’il devait répondre. Regardez maintenant où il en est ! »

Désormais figure emblématique du paddock, Niki reçoit souvent des messages de jeunes qui cherchent à intégrer le milieu : « Le conseil que je leur donne, c’est de savoir ce qu’ils veulent vraiment. S’ils voudraient exercer en tant que journaliste, ingénieur, à l’hospitality… et d’essayer d’y accéder pour voir si ça leur plairait. Internet a brisé de nombreuses barrières, on peut plus facilement entrer en contact avec les équipes et les différentes institutions pour postuler. En revanche, la maîtrise des langues est un critère indispensable. L’anglais c’est bien, mais souvent ce n’est pas suffisant, surtout si votre langue natale est le hongrois. »

En attendant un possible retour du Championnat du Monde en Hongrie, Nikolett continue de vous raconter le quotidien du MotoGP™, que ça soit sous forme de textes, de photos ou même de vidéos ! »

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