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12 jours ago
By Nick Harris

On ne cesse jamais d’apprendre, par Nick Harris

La victoire de Brad Binder réveille le souvenir d’un autre pilote Sud-Africain dans la mémoire de l’ex-commentateur du MotoGP™.

La première victoire historique de Brad Binder (Red Bull KTM Factory Racing) contrastée par son calme olympien à l’arrivée du Grand Prix de Brno m’ont immanquablement fait sourire, en me rappelant un autre grand Champion du Monde Sud-Africain que j’ai connu à mes débuts en tant que reporter de Grand Prix sur l’ancien tracé de Brno.

En 1980, alors que j’étais encore un jeune rookie un peu trop passionné parmi les journalistes du paddock, j’ai eu la chance d’assister à un combat mémorable entre deux pilotes en catégorie 350cc, à l’occasion du Grand Prix de Tchécoslovaquie. Cette année-là, le titre se jouait entre le Sud-Africain Jon Ekerold, clairement le plus coriace des pilotes de Grand Prix que j'ai jamais rencontré, et le talentueux Allemand Toni Mang.

Arrivé avec 14 points d’avance au classement pour cette avant-dernière course de la saison, le Sud-Africain voyait le titre lui tendre les bras. Après un début d'épreuve rondement mené dans la roue de son adversaire Mang, rien ne semblait pouvoir empêcher Ekerold d’être titré à Brno au guidon de sa Yamaha TZ 350 au châssis Bimota.

Mais l’histoire ne joua pas en sa faveur, puisqu’un segment de piston cassé vint semer la zizanie durant sa course parfaite. Arrivé péniblement à la dixième place, tandis que son principal adversaire remportait le Grand Prix, le Sud-Africain se retrouvait à égalité de points avec son rival.

J’étais le premier à l’attendre à son retour au stand, stylo et carnet en main. Les autres journalistes, bien plus expérimentés, avaient eu la jugeote d’attendre que la pression redescende, mais moi je m’étais engouffré dans la faille sans me poser de questions. À peine avait-il eu le temps d’enlever son casque que je le bombardais de question pour recueillir ses impressions. Sa réponse fut cinglante et il m’exprima très clairement son animosité quant à mes méthodes !

La grande finale du Championnat avait lieu sur le mythique tracé du Nürburgring la semaine suivante. À mon arrivée sur le paddock, Jon Ekerold m’attendait à la porte et alors que je pensais me faire à nouveau incendier, ce dernier me présenta ses excuses pour son explosion de rage et me serra la main. Ce week-end-là, on assista à une pure leçon de pilotage de la part du Sud-Africain qui sortit vainqueur et finalement Champion du Monde 350cc. Le dernier tour de course était réellement mémorable, pour l’époque, son chrono l’aurait placé deuxième sur la grille de départ des 500cc et son rythme lui aurait permis d’être quatrième en course en catégorie reine !

L’arrivée de la grille MotoGP™ sur le circuit d’Autriche cette semaine me rappelle également d’autres lointaines anecdotes, à l’époque où la course avait lieu sur le circuit du Salzburging. En 1983, Kenny Roberts cherchait à tout prix à reconquérir sa couronne mondiale face à Freddy Spencer, cela faisait trois ans qu’il n’avait pas regagné de titre. J’avais réussi à organiser auprès de Yamaha une interview exclusive du pilote avec la BBC, directement sur la ligne d’arrivée s’il remportait la course. Kenny a parfaitement rempli sa part du contrat après une superbe victoire sur Eddie Lawson, mais c’était sans compter sur les priorités des Britanniques ! Kenny Roberts venait d’effectuer une course éreintante d’un peu plus de 131 kilomètres, mais les journalistes de la BBC lui demandèrent de patienter en raison d’une partie de cricket. Malgré la fatigue, le pilote demanda s’il s’agissait bien du jeu dans lequel un match peut durer cinq jours et se termine toujours en match nul ! Kenny a donc attendu, la cérémonie du podium a elle aussi attendu et l’interview a finalement eu lieu.

Quatre décennies plus tard, je n’en finis toujours pas d’être surpris… On ne cesse jamais d’apprendre !

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