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12 jours ago
By motogp.com

« Dépasser ses limites pour redonner vie à la tradition »

Découvrez comment Livia Cevolini, PDG d’Energica, s’est faite une place en Coupe du Monde FIM Enel MotoE™.

Famille, innovation mais aussi l’insatiable appétit de bien faire sont le moteur et l’énergie (propre) qui ont conduit Livia Cevolini à devenir la PDG d’Energica Motor Company S.p.a, le fournisseur officiel de la Coupe du Monde FIM Enel MotoE™. Ce projet est à vrai dire le résultat d’une vie passée à conjuguer l’ingénierie avec sa passion.

Ayant grandi à Modène - une des villes berceau pour l’industrie automobile – Livia se levait tout naturellement le dimanche matin pour regarder ces Grands Prix disputés à l’autre bout du monde dès sa plus tendre enfance. Les sports mécaniques n’étaient pas seulement le marché de référence de CRP, société fondée par son père, mais un véritable art de vivre partagé par toute une famille.

Habituée à sillonner les paddocks, Livia rêvait alors d'être peintre ou danseuse… « Tout sauf ce que je suis devenue, même si ma profession englobe finalement des domaines assez vastes, dit-elle en plaisantant. Quoi qu’il en soit, à partir du moment où j’ai intégré l’entreprise familiale, j’ai toujours essayé d’y apporter ma touche personnelle, tout en combinant ça avec la technique. »

Mais trouver un point commun entre ses passions et l’activité d’une telle entreprise précurseur dans les sports mécaniques fut loin d’être simple, à tel point qu’elle décidait à un moment donné de s’orienter vers quelque chose de radicalement différent. « Mon bac scientifique en poche, j'ai entamé une école de restauration, puis j’ai réalisé que je ne voulais pas abandonner cette affaire débutée par mon père et mon grand-père, raconte-t-elle. J’aimais cet endroit, même si je ne me voyais pas à la conception dans les bureaux. »

Livia allait donc suivre des études d’ingénieur, pour se faire une place au sein de CRP : « Ils étaient déjà très bons sans moi. En revanche, ce que je voulais faire, c'était y amener un peu de fantaisie et créer un projet gagnant, explique-t-elle. C’est quand j’ai commencé à travailler que je me suis rendue compte que je pouvais vivre dans un environnement très technique, tout en me taillant un rôle utile, qui en même temps me satisfaisait. Il faut dire que les femmes sont généralement plus créatives et ouvertes à l’innovation. »

C'est d’ailleurs l'innovation qui sera source d’inspiration pour Livia. « Si je voyais des limites, je n’aurais pas été entrepreneure, s’exclame-t-elle. La limite est parfois physique car vous ne pouvez pas réaliser tout ce que vous avez en tête. S'il y a quelque chose qui me bloque, c'est davantage la sécurité. Je pense toujours aux autres, aux gens qui travaillent avec moi, car je ne veux pas les mettre en danger. Plus des obstacles à surmonter, nous nous lançons des défis. »

Et son père Roberto a toujours été sa référence sur le plan moral : « Après chaque chute, il m'a appris à me relever en tirant des leçons, se souvient-elle. Si vous faites des erreurs, ça montre que vous vous confrontez à quelque chose de difficile. À l’inverse, en restant dans sa zone de confort, on ne se trompe jamais, mais on n’apprend rien de nouveau ! »

Sa détermination et les risques pris finissaient du reste par être récompensés. « En 2008, nous avons perdu 80% de notre chiffre d'affaires, révèle-t-elle. L’entreprise était quasiment à l’arrêt, c’était une situation sans précédent en 50 ans d'activité. Au cours d’une discussion avec mon père et mon frère, nous avons ainsi eu l’idée de se tourner vers la moto électrique : un projet qui nous aurait distingué de la concurrence, tout en se réinventant. » Energica Motor Company S.p.a. était née, la première entreprise productrice de motos électriques supersport en Italie.

Une société qui affiche fièrement ses racines italiennes et tout particulièrement d’Émilie-Romagne : « Nous avons été jusqu’à écrire ‘Made In Modena’ sur nos motos, car c’est une région dont l’histoire est intimement liée à celle de l’industrie automobile, fait-elle remarquer. Le Made in Italy est déjà synonyme de qualité, de rigueur, mais pour le coup, on est encore à un autre niveau. Notre entreprise est implantée sur les terres de Ferrari, de Ducati, des marques réputées pour fabriquer de magnifiques modèles, ultra-puissants. Autant dire que nous avons une grande responsabilité. »

Après quelques mois, les premières motos voyaient le jour, en se basant sur sa propre expérience et sa tradition ; des motos qui d’emblée se distinguaient. Et dans la foulée, ils créaient l’Ego - le modèle de série qui donnera naissance à la version course utilisée en Coupe du Monde FIM Enel MotoE™.

« Il n'y a rien de nouveau dans le fait d’inventer. Vous pouvez vous inspirer de quelque chose, l'interpréter de manière innovante pour créer une combinaison unique. Après tout, c'est ce que nous faisons avec cette Coupe du Monde MotoE ™, souligne-t-elle. Les motos électriques existaient, les courses aussi, en revanche pas les compétitions de motos électriques ».

Quelque part, retrouver sa place comme acteur sur les compétitions était ce que Livia recherchait dès ses débuts dans le secteur de l’électrique : « D'un point de vue marketing, participer à un Championnat est très important, affirme-t-elle. C'est une des méthodes de communication les plus efficaces et les plus directes pour vendre votre produit ! »

L'opportunité se sera tout compte fait présentée lorsque Dorna Sports et la FIM ont commencé à rechercher un fournisseur pour leur nouvelle discipline : « Dorna Sports possède une renommée mondiale. Ils se devaient de choisir le constructeur avec le meilleur projet, déclare-t-elle. Il nous a fallu démontrer que nos prototypes avaient les caractéristiques requises. On s’est frottés à des géants pour en arriver là, mais aujourd’hui on peut se targuer d’être le seul fabriquant au monde de motos électriques avec de telles performances et notre candidature a été retenue. Ceci étant, le plus dur était à venir. »

« Nous apprenons ensemble, nous sommes chaque jour mis à l’épreuve, reprend-t-elle. Avec Dorna, nous continuons à découvrir ce dont a besoin le Championnat, ce qui peut être amélioré car pas question de se contenter de ce qu’on a. Une collaboration à laquelle s’est également joint Enel, qui n’est pas seulement un sponsor titre : ils donnent vie à ce projet ! C'est un peu comme un livre blanc, que nous sommes trois à l'écrire. Mais ses premières pages montrent que nous nous sommes engagés dans un projet gagnant. »

Les débuts de la Coupe du Monde FIM ENEL MotoE ™ avaient au bout du compte lieu en juillet 2019 sur la piste du Sachsenring, avec quelques mois de retard. La faute à un malheureux incendie survenu à Jerez, au cours duquel toutes les motos furent détruites. Face à cet épisode inattendu, Livia réagissait sans hésitation en renvoyant immédiatement tous ses employés sur les chaînes de production : « J'ai aussitôt prévenu Enel et Dorna que les motos seraient reconstruites à temps pour le début de la saison et seulement deux mois auront été nécessaires contre un an pour les premiers exemplaires, précise-t-elle. Mais il n’y avait pas de temps à perdre, alors on s’est retroussés les manches. »

Un combat dont elle ressortait en définitive vainqueur ! « J’ai pris conscience de ce qu’on avait accompli quand j’ai vu tous ces concurrents prendre place sur la grille en Allemagne. On n’avait pas bâti une moto, ni deux, mais tout un Championnat, conclut-elle. »

Toutes ses craintes, ses préoccupations, ses nuits blanches étaient soudainement balayées, grâce au franc succès connu par cette première édition. Et la Coupe du Monde FIM Enel MotoE™ sera justement de retour ce week-end à Misano, pour une nouvelle manche.

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