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19 jours ago
By motogp.com

« Cette saison 2020 : un défi que nous avons relevé ! »

Norma Companys, Directrice des Événements chez Dorna Sports, a été un des piliers dans la réussite de cette année.

Tags MotoGP, 2021

Elle recherchait une certaine stabilité après avoir travaillé durant des années comme freelance dans l’organisation d’événements ; une sécurité de l’emploi qu’elle aura trouvée en 2006 auprès de Dorna Sports. 16 ans plus tard, elle est un des personnages clés dans la réussite de cette saison 2020 mise à mal par la pandémie de Covid-19 : nous parlons bien sûr de Norma Companys, la Directrice des Événements pour le Championnat du Monde MotoGP™. Nous lui dédions justement cet ultime épisode 2020 de ‘Women in MotoGP™’ pour qu’elle puisse nous raconter comment elle a traversé toutes ces difficultés inhérentes au contexte sanitaire ; une façon de rendre hommage à ses courageuses décisions prises, dans l’objectif de nous faire oublier notre quotidien parfois morose, en permettant le déroulement des courses.

« 2020 a été un défi pour tout le monde, affirme-t-elle. Quand nous étions confinés, on passait des heures et des heures en réunion à chercher des solutions. On envisageait tous les cas de figure, alors qu’on était dans la plus grande incertitude. Carmelo et Carlos Ezpeleta étaient en contact permanent avec les promoteurs pour être informés de la situation dans chaque pays. Et dès que les conditions ont été réunies, nous avons établi un plan d’action avec son protocole sanitaire, de telle sorte à ce que le paddock puisse voyager en toute sécurité. On n’était pas forcément rassurés, on devait trouver un moyen de créer comme une sorte de bulle. Nous avons également demandé aux équipes de faire déplacer le moins de personnes possible. L’idée était de diminuer les effectifs au minimum de moitié. Ajouté à ça, de soumettre les gens à des tests PCR réguliers et en cas d’épreuves enchaînées, de les inviter à rester au même hôtel pour limiter les risques. Gérer la partie médicale a été un des aspects les plus contraignants, car c’était quelque chose de totalement nouveau, aussi bien pour nous que pour les laboratoires qui ont dû apprendre à travailler dans l’urgence. Mais fort heureusement, hormis des cas isolés, nous n’avons jamais été pris de court. »

Accéder aux circuits est ainsi devenu une toute nouvelle expérience, même pour les plus aguerris comme elle… « Nous avons mis en place une App où s’affichaient directement les résultats des tests et vous étiez autorisés à intégrer l’enceinte seulement s’ils s’avéraient négatifs, explique-t-elle. Mais une fois à l’intérieur, on devait aussi mettre à disposition suffisamment de masques, garantir le respect des gestes barrière et des distances de sécurité. Comme il n’y avait pas de public sur la plupart des pistes – un véritable challenge du reste pour eux - on pouvait malgré tout avoir plus d’espace. »

Tous ces aspects ont été traités par le groupe de travail emmené par Norma, le premier département de Dorna Sports à entrer en relation avec les circuits : « Nous sommes une structure assez exigeante, précise-t-elle. Nous veillons à ce que toutes les demandes soient satisfaites lorsque nous voyageons. Et cette année, nous avons eu de nouveaux besoins et de dépenses auxquels on n’avait jusque-là jamais fait face. »

Normalement, organiser un Grand Prix nécessite facilement trois mois de préparation ; une marge minimum qui n’illustre toutefois pas toujours la réalité comme elle le souligne : « Nous collaborons avec le tracé Jerez-Ángel Nieto depuis des années, autant dire que quelques mois sont généralement suffisant pour y organiser un événement. Mais cette année, ils ont été les premiers à se plier aux nouvelles mesures. C’était une toute autre façon de travailler et pour autant ils ont été à la hauteur de la mission qui leur avaient été confiée. Ceci étant, avec du recul on peut dire que tous les rendez-vous organisés en 2020 auront été exécutés avec succès. Nous avons réussi à planifier ce Championnat en un temps record ! »

Mais revenons à 2006, quand Norma a rejoint Dorna Sports en tant que coordinatrice d’événements. « J’étais passionnée de moto, mais je ne connaissais pas trop bien l’entreprise à cette époque. Néanmoins, j’ai postulé à une annonce et mon profil les a visiblement séduits, puisqu’après deux entretiens, je décrochais le poste, » confie-t-elle.

Diplômée en histoire de l’art, Norma s’était jusqu’alors chargée d’organiser des événements culturels, comme des expositions, des festivals de cinémas… Et du jour au lendemain, elle s’est retrouvée catapultée dans un milieu au rythme effréné : « Le changement a été assez brutal, car c’était un mode de fonctionnement auquel je n’étais pas du tout habituée, reconnaît-elle. En quelques semaines, jours, je mettais sur pied des événements, alors qu’ici on travaille des mois durant sur un même Grand Prix. »

À vrai dire, ce qui a rendu cette aventure encore plus attirante aux yeux de Norma, c’est la possibilité de voyager et de découvrir de nouvelles cultures ; un élément qui la fascine aujourd’hui encore. « Quand on organise une épreuve au Japon, je me rends compte qu’on a vraiment des façons de faire différente. On se connaît depuis des années, mais aujourd’hui encore on passe par des traducteurs. Cependant, au-delà de l’aspect linguistique, on le voit aussi d’un point de vue logistique, » décrit-elle.

Si au pays du soleil levant, le planning – connu jusque dans les moindres détails – ne laisse place qu’à très peu de flexibilité, à l’inverse de l’autre côté du Pacifique, Norma note un comportement diamétralement opposé en Argentine… « Parfois ils nous répondent ‘ça arrive’ mais ça n’arrive jamais. Ils prennent les choses avec plus de ‘tranquillité’, » déclare-t-elle en rigolant.

Mais au fil des années, Norma a surtout gagné en responsabilité. « Au départ, j’étais à la tête d’un groupe de six personnes, qui en compte désormais 11, » indique-t-elle. Son professionnalisme a fait qu’elle devenait la première manager, puis la première directrice en 2016. « Au début, j’étais en contact avec les responsables de la maintenance sur les différents circuits. Je m’occupais de la location de matériel. À compter de 2014, j’ai ensuite commencé à voyager pour inspecter les pistes durant la trêve hivernale. Et depuis 2017, avec Carles Jorna – le Directeur des Opérations Senior, je me rends sur les tracés qui souhaiteraient nous accueillir, pour se présenter et leur exposer les prérequis. C’est une facette de mon poste que je trouve passionnante, j’aime voir la façon dont évoluent les pistes, » révèle-t-elle.

Si les voyages lui sont enrichissants, elle passe également beaucoup de temps loin de chez elle, aspect pas toujours évident à gérer : « Vous cumulez les rôles de ‘prof’, de mère et parfois même de psychologue, alors forcément ça se répercute sur la fatigue. »

Elle qui jongle entre les fuseaux horaires, une vie calculée au millième près, est tout de même fière de son parcours: « Je ne m’étais pas fixée d’objectifs précis, mais j’ai toujours tâché de m’impliquer à fond dans ce que je faisais et je suis fière de tout ce que j’ai accompli, des fonctions que j’ai acquises, » confesse-t-elle.

Les femmes du paddock occupent encore une place minoritaire au sein du paddock, mais leur présence tend progressivement à se naturaliser. Et s’il y a de plus en plus de filles qui rêvent d’exercer dans ce milieu, c’est aussi grâce à Norma et à son professionnalisme. Il faut dire qu’elle a toujours fait preuve de ténacité face aux défis qui se présentaient à elle : « Ça fait partie du direct, a-t-elle pour habitude de dire. Et si des choses ne se sont pas déroulées comme prévu, le plus important est de réagir ! »

Norma peut à présent profiter de vacances bien méritées avant de revenir, tout comme nous en 2021 !

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