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27 jours ago
By motogp.com

« Le style de vie en MotoGP™ est un monde plein de passion »

motogp.com vous présente ce mois-ci une des femmes les plus emblématiques du paddock : Friné Velilla, Media Manager pour Dorna Sports.

Chaque circuit possède une salle de presse, le point de ralliement des journalistes, photographes et attachés de presse durant un week-end de courses. Et depuis 2010, c’est Friné Velilla – Media Manager chez Dorna Sports - qui est chargée de gérer cette rédaction itinérante.

Tournée vers l’avenir tout en portant une attention toute particulière au présent, Friné nous raconte son parcours professionnel : de ses débuts en tant que traductrice et interprète pour des compétitions de sports mécaniques, à son arrivée à Dorna Sports en 2004, où elle commence par exercer ces mêmes fonctions.

Elle explique comment, au sein d’une même entreprise, elle a été amenée à occuper différents postes ; relevant tout un tas de défis, pour devenir une des #WomenInMotoGP les plus admirées et plus connues du paddock.

Diplôme de traduction et d’interprétation en poche, Friné était gagnée par l’envie de découvrir le monde et ses cultures. Mais le jour où elle fut recrutée par le Rallye de Costa Brava, elle comprit immédiatement qu’elle voulait travailler dans ce milieu : « Ils ont commencé à m’appeler pour couvrir d’autres événements de ce type et puis j’ai envoyé mon CV à Dorna Sports ; entreprise que j’ai intégrée en 2004, explique-t-elle. On m’a confié des traductions, du site anglais vers le site espagnol. J’ai ensuite fait un bref passage par le service client et le département Media Sales. C’est à ce moment-là que j’ai entamé les déplacements, puisque je m’occupais des droits TV et des connexions satellite. Ayant déjà voyagé sur une moitié de saison, ils m’attribuaient finalement le poste de responsable de presse. »

Friné endossait en l’occurrence ce nouveau rôle à l’occasion du Grand Prix du Qatar 2010 et d’emblée cette dernière se heurtait à certaines difficultés : « Il faisait très chaud, se souvient-elle. Plus que ce que je l’avais imaginé. Le Grand Prix avait lieu de nuit. À la fatigue s’ajoutait la tension et la liste des tâches à accomplir me semblait interminable. Mais avec le temps, j’ai appris à l’adapter en fonction des besoins et aujourd’hui encore, elle est loin d’être figée. »

Les circuits et les technologies ont beau avoir évolué, sa mission reste en revanche la même : ‘Faciliter le travail des journalistes et des photographes.’ Ses semaines de Grands Prix sont à vrai dire assez rythmées, entre la gestion des accréditations, l’organisation des conférences et l’écriture de ces dossiers de presse, qui comportent toutes les informations dont on pourrait avoir besoin au sujet du Championnat, du circuit ou d’un pilote… Mais Friné assure aussi la coordination des interviews télévisées et gère la moindre demande en salle de presse. « Durant les conférences, je donne la parole aux intervenants qui souhaiteraient poser une question et je fais en sorte de mettre plus facilement en contact journalistes et attachés de presse, pour qu’ils puissent réaliser des reportages ou des interviews, » précise-t-elle.

Et Friné a tendance à qualifier le Media Center comme une ‘petite réunion des Nations Unies’ : « Ça me plaît de rencontrer des gens du monde entier, c’est même l’aspect qui me passionne le plus dans mon boulot : le fait de côtoyer en permanence diverses cultures, de parler plusieurs langues, d'observer les méthodes de travail et les manières de faire qui distinguent d’un pays à l’autre, » répond-t-elle.

C’est précisément le facteur humain qui rend chaque événement magique : « J’adore écouter les histoires des pilotes et de leurs proches, savoir quels sacrifices ils ont fait pour en arriver là. Quelque chose auquel on ne pense pas forcément quand on regarde les courses, » fait-elle remarquer.

Travailler en MotoGP™ est fascinant mais demande aussi un grand engagement… « Nous répondons présent à chaque dimanche. On renonce aux anniversaires, aux mariages d’amis et de famille, à tous ces moments en compagnie de nos proches, pour contribuer à cet incroyable spectacle, reconnaît-elle. Nous vivons en quelque sorte dans un monde parallèle, fait de tellement de passion qui le rend unique et inimitable. »

Le fait d'effectuer un travail qui nécessite beaucoup de temps et d'énergie n'est pas toujours compris… Ceci étant, l'enthousiasme et l'adrénaline qui animent cet environnement est quelque chose d'inestimable, selon elle : « Dès le premier instant, tu comprends que tu n’auras pas une vie quelconque, avec des gens ordinaires. Dans de nombreuses entreprises, on parle de budget et de prévisions de ventes, alors que nous, on attend chaque fois avec impatience le nouveau calendrier pour savoir quels pays nous visiterons, » déclare-t-elle.

Tous ces efforts ne sont néanmoins pas vains, puisque Friné a l’habitude de recevoir des compliments provenant de ces professionnels de la communication, au sujet des commodités : « Il n’y a rien de plus flatteur quand des journalistes ou des photographes qui couvrent plusieurs sports me disent ‘Qu’est-ce qu’on travaille bien en MotoGP™ !’ On fait tout notre possible pour qu’ils puissent interviewer ou photographier qui bon leur semble, » affirme-t-elle.

Être Media Manager implique également une certaine part de rigidité, de telle sorte à faire respecter les règles établies : « Les journalistes que je connais depuis longtemps me compare parfois à une institutrice. Blague à part, il règne une belle ambiance en salle de presse. J’y observe beaucoup de solidarité, le côté humain prend le pas sur la sphère professionnelle ; ce que je trouve admirable car ça ne va pas nécessairement de soi ! » souligne-t-elle.

En attendant, la situation générée par la pandémie a un peu bouleversé les habitudes de chacun. Dès le moment où les compétitions ont repris, Friné a dû composer avec une salle de presse totalement vide et des centaines de journalistes connectés à distance, qu’elle se devait d’aider. Les nouvelles technologies ont malgré tout permis une augmentation du nombre d’accrédités : « Nous avons en effet constaté une demande croissante de journalistes, qui souhaitaient participer à nos conférences et on a pu leur en donner l’accès de par le fait qu’elles avaient lieu en ligne, » commente-t-elle.

Un des engagements pris par Friné était aussi de rendre cette salle de presse plus éco-responsable : « J’ai toujours essayé de réduire la consommation de papier, indique-t-elle. Ça n’a pas été facile à faire adopter. Toutefois il est primordial de respecter l’environnement. Pendant des années, nous avons imprimé des dizaines et des dizaines de feuilles : c’était tout simplement du gaspillage, dans la mesure où tout le monde a accès à un ordinateur pour consulter les résultats. Et personne ne s’en est plaint. »

Friné est d’autre part devenue une référence, bien au-delà du paddock puisque de nombreux étudiants en journalisme se sont mis à la contacter dans le cadre de mémoires : « Ces derniers temps, j’ai répondu à tout plein de sollicitations et c’est un honneur de voir qu’ils m’accordent autant d’importance, qu’ils souhaitent connaître ma trajectoire. Je soutiens une nouvelle génération de journalistes, celle qui racontera l'histoire du MotoGP™, » confie-t-elle.

En plus de décrire les subtilités de son travail, on lui demande souvent d’argumenter sur sa place dans ce milieu qui, bien qu’en évolution, reste encore largement dominé par les hommes. « Je n’ai jamais noté cette question de genre, mais j’ai toujours constaté que le professionnalisme faisait la différence, assure-t-elle. Quand j’ai débuté, on croisait quelques femmes de temps à autre. En comparaison, maintenant on en voit de plus en plus. Au fil des années, leur présence s’est normalisée, y compris au sein des box : c’est ça que je trouve fantastique. »

Fière de faire partie de cette communauté, d'avoir vécu des expériences qu'elle n'aurait jamais imaginées, d'avoir été à l’origine de plusieurs initiatives… Friné n'est pas satisfaite pour autant et regarde vers l'avenir : « Je voudrais réduire encore plus l'impact environnemental à chaque Grand Prix. Ceci étant, ça demande un gros effort des circuits. Avec certains d’entre eux, nous menons déjà des projets intéressants depuis plusieurs années, mais j'aimerais en voir de plus en plus, » avoue-t-elle.

Alors si elle devait tirer un enseignement, lequel serait-il ? « Carpe diem ? En réalité, c’est une philosophie qui m’a toujours accompagnée, révèle-t-elle. À chaque fois qu’il y avait la possibilité de faire quelque chose de nouveau, je me suis lancée. Du coup, j’ai eu l’opportunité d’accéder à des lieux uniques comme la NASA, d’explorer de lointaines contrées. » Cette capacité de se saisir du moment présent et de montrer de quoi on est capable, c’est justement ce qui caractérise Friné. Mais certains atouts ont eu plus de poids que d’autres : « Le fait de maîtriser plusieurs langues, d’être multitâches et fiable en toute circonstance. »

Après quelques semaines de pause bien méritées, Friné réouvrira avec enthousiasme les portes du Media Center, le 5 août prochain au Red Bull Ring, pour le Grand Prix Michelin® de Styrie.

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